Selon Mercer, les niveaux de capitalisation des régimes de retraite ont atteint un sommet inégalé en vingt ans

Le 1er avril 2021

Canada, Montreal

 

Soutenus par une forte hausse des taux obligataires, les niveaux de capitalisation des régimes de retraite canadiens à prestations déterminées (PD) ont continué de s’améliorer, clôturant le premier trimestre de 2021 à un sommet en 20 ans. Cependant, ces niveaux de capitalisation pourraient être éphémères, tout dépendant de la trajectoire des taux d’intérêt, des prévisions d’inflation et du rendement des marchés boursiers.

 

L’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite (MPHI), qui illustre le ratio de solvabilité d’un régime de retraite PD hypothétique, a augmenté, passant de 114 % à la fin de 2020 à 124 % à la fin de mars 2021. Le ratio de solvabilité médian des régimes de retraite des clients de Mercer était de 104 % au 31 mars, en hausse par rapport au niveau de 96 % enregistré le 31 décembre.

 

De nombreux régimes de retraite ont obtenu des rendements négatifs au premier trimestre. Cependant, les niveaux de capitalisation des régimes de retraite PD se sont nettement améliorés, les taux des obligations à long terme ayant fait un bond remarquable de 77 points de base durant le trimestre. Les rendements négatifs découlent donc de cette hausse des taux obligataires. Par contre, ils ont été largement contrebalancés par la diminution du passif actuariel attribuable à la hausse des taux d’actualisation. L’indice MPHI est à son plus haut niveau depuis sa création en 1999. On estime qu’environ 66 % des régimes de retraite des clients de Mercer présentent un excédent d’actif selon l’approche de solvabilité.

 

« Le premier trimestre de 2021 a été excellent pour les régimes de retraite PD, a déclaré F. Hubert Tremblay, conseiller principal du domaine Avoirs de Mercer. En mars 2020, en pleine dégringolade des marchés, personne n’aurait pu prédire que les niveaux de capitalisation atteindraient des sommets inégalés un an plus tard. »

 

Il y a tout lieu d’être optimistes à l’égard des niveaux de capitalisation des régimes de retraite PD pour le reste de 2021 et par la suite, compte tenu de la vaccination massive contre la COVID-19, de la réouverture de l’économie mondiale et des mesures de relance des économies par les gouvernements. Or, les risques sont encore bien présents, dont l’émergence de nouveaux variants du virus de la COVID-19, la hausse vertigineuse de la dette publique, les craintes entourant l’inflation et les taux d’intérêt, ainsi que les tensions géopolitiques.

 

Les hausses des prévisions inflationnistes et, plus particulièrement, des taux d’intérêt pourraient, à elles seules, entraver la reprise économique, les bénéfices des sociétés, les rendements boursiers et la capacité des gouvernements, des sociétés et des personnes à rembourser leurs dettes.

 

« Malgré les bonnes nouvelles, les promoteurs de régimes de retraite devraient rester prudents. Nous avons tous été témoins de la rapidité à laquelle les niveaux de capitalisation des régimes de retraite PD ont dégringolé au début de la pandémie. Les niveaux actuels pourraient être de courte durée, a affirmé M. Tremblay. Les promoteurs de régime doivent maintenant revoir leurs préférences (ou tolérance) en matière de risques et prendre les mesures qui s’imposent. »

 

Les régimes bien capitalisés, fermés et gelés ont peu d’avantage à prendre d’importants risques et devraient même les écarter, en augmentant la pondération des actifs défensifs, en assurant un meilleur appariement des placements de leurs régimes aux passifs actuariels, en considérant la souscription de rentes, en liquidant leurs régimes ou même en les fusionnant avec des régimes de retraite conjoints, si cette option s’offre à eux.

 

Quant aux régimes ouverts et aux régimes avec un horizon à long terme, ils devront relever un défi plus difficile. Les taux des placements à revenu fixe demeurent bas malgré les hausses du premier trimestre. Par conséquent, ces régimes gagneront plutôt à continuer d’investir considérablement dans les actifs de croissance afin de rester abordables. Toutefois, une pondération marquée des actifs de croissance les rendra plus sensibles à la volatilité des marchés. Le défi sera donc de trouver l’équilibre voulu entre les objectifs des promoteurs de régime et ceux des participants aux régimes. Des taux de cotisation réalistes, des caractéristiques de partage des risques, une forte diversification des catégories d’actifs et des régions géographiques, et une sélection rigoureuse des gestionnaires de placements ne revêtiront désormais que plus d’importance.

 

Du point de vue des placements

Un portefeuille équilibré type d’un régime de retraite aurait produit un rendement de -2,3 % au premier trimestre de 2021. Bien que la chute du nombre de cas de COVID-19 et la vaccination massive un peu partout dans le monde aient fait renaître l’espoir sur les marchés boursiers, ce même optimisme à l’égard d’une croissance plus forte a entraîné une hausse rapide des taux obligataires, qui s’est traduite par des rendements négatifs pour les actifs à revenu fixe.

 

Les rendements boursiers ont clos le trimestre sur une note légèrement positive. Au début du trimestre, le rendement était alimenté par l’optimisme suscité par la croissance à moyen terme et la reprise soutenue des bénéfices des sociétés. À l’inverse, la clôture du trimestre a été marquée par la faiblesse engendrée par la hausse de taux des obligations gouvernementales, ce qui a atténué l’appétit pour les secteurs à valorisation élevée des marchés boursiers. Les segments les plus cycliques du marché ont été récompensés, car les actions de valeur ont continué de générer des rendements de loin supérieurs à ceux des actions de croissance. Les actions canadiennes ont surpassé leurs homologues mondiales, principalement en raison de la concentration du marché dans les secteurs de l’énergie et de la finance, secteurs ayant dégagé des rendements supérieurs à 10 %. Du côté des marchés étrangers, les États-Unis ont déclassé le reste du monde. Les marchés émergents ont tiré de l’arrière en raison du rendement négatif de la Chine, alors que le resserrement du crédit et la décélération des bénéfices ont affaibli les marchés continentaux. La tendance observée au quatrième trimestre de 2020 s’est poursuivie au premier trimestre de 2021 – les rendements des investisseurs canadiens sont demeurés modestes, le dollar canadien s’étant apprécié par rapport à la plupart des grandes devises.

 

Depuis le début de l’année, les taux obligataires grimpent fortement, ce qui génère des rendements nettement négatifs du côté des obligations universelles et des obligations à long terme. Les taux des obligations à long terme se sont élevés de 77 points de base depuis le début du trimestre, tandis que les taux des obligations universelles ont progressé de 52 points de base. Les investisseurs semblent s’attendre à ce que l’économie se redresse à un rythme beaucoup plus rapide que prévu. La combinaison de la hausse de ces taux à long terme et de la faiblesse persistante des taux directeurs pourrait entraîner une accentuation soutenue de la courbe des taux, ce qui reflèterait l’amélioration des perspectives économiques à plus long terme.

 

L’or a fortement chuté – les taux d’intérêt ont augmenté et la demande en valeurs refuges a faibli dans un contexte d’appétit pour le risque. Les fiducies de placement immobilier mondiales ont été en territoire positif. Cependant, le secteur a tardé à se remettre de son recul de 2020. L’incertitude entourant l’avenir de l’immobilier commercial persistera beaucoup plus longtemps que dans d’autres secteurs.

 

« L’optimisme des marchés boursiers est encourageant et une hausse des taux d’intérêt était à prévoir après une période de faiblesse anormalement longue. Le rythme et l’ampleur des récents mouvements ont été plus importants que ne l’avaient prévu de nombreux observateurs, a affirmé Jean-Pierre Talon, membre du partenariat de Mercer Canada. Les promoteurs de régime de retraite PD devraient maintenant prendre le temps d’évaluer l’incidence de la hausse des taux sur leur stratégie de placement et leur stratégie à long terme. »

 

La Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada ont toutes deux maintenu leur taux directeur à 0,25 % pendant tout le premier trimestre de 2021, après une suite de baisses au premier trimestre de 2020.

 

Indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite


 

L’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite indique le ratio actif-passif d’un régime de retraite modèle. Le ratio a été établi de façon arbitraire à 100 % au début de la période. Le nouvel indice tient compte du coût au titre des services courants et des paiements spéciaux de solvabilité, mais pas des améliorations ayant pu être apportées au régime. Il suppose également que les évaluations sont déposées chaque année civile et que le déficit révélé dans chaque évaluation est financé sur une base mensuelle au cours des cinq années subséquentes.

Actif : portefeuille indiciel. Répartition de l’actif jusqu’au 31 décembre 2016 : indice obligataire universel de rendement total FTSE TMX, 42,5 %; indice composé S&P/TSX, 25 %; indice S&P 500 (CAD), 15 %; indice MSCI EAEO (CAD), 15 %; indice des bons du Trésor à 91 jours FTSE TMX, 2,5 %. Répartition de l’actif à compter du 1er janvier 2017 : indice obligataire à long terme de rendement total FTSE TMX, 42,5 %; indice composé S&P/TSX, 15 %; indice MSCI Monde (CAD), 40 %; indice des bons du Trésor à 91 jours FTSE TMX, 2,5 %.

 

Passif : 50 % de participants actifs, 50 % de retraités. Pour les participants actifs, on suppose que le règlement s’effectue à 60 % sous forme d’un montant forfaitaire représentant la valeur actualisée de la rente selon les normes de l’Institut canadien des actuaires (ICA) sur la valeur actualisée d’une rente, sans tenir compte du délai d’un mois, et à 40 % par la souscription d’une rente. Pour les retraités, on suppose qu’il s’effectue par la souscription d’une rente. L’estimation du coût des rentes s’appuie sur le matériel d’orientation de l’ICA sur les blocs de contrats types de durée moyenne. Les résultats varient selon le régime de retraite.

 

Le ratio de solvabilité médian des régimes de retraite des clients de Mercer est calculé en fonction de prévisions tirées des données de la base de données des clients de Mercer. Les données et la méthode d’établissement des prévisions ont été revues rétroactivement au 30 septembre 2019. L’effet approximatif des changements apportés aux données et à la méthode s’est traduit par une réduction d’environ 2 % du ratio de solvabilité médian.

 

 

À propos de Mercer
Mercer croit que l’on peut travailler à façonner un brillant avenir en transformant le monde du travail, en redéfinissant les perspectives de retraite et de placement et en optimisant la santé et le mieux-être de tous. La Société compte environ 25 000 employés répartis dans 43 pays et elle exerce ses activités dans 130 pays. Mercer est une société de Marsh McLennan (symbole MMC à la Bourse de New York), chef de file mondial en services professionnels dans les domaines du risque, de la stratégie et du capital humain, qui compte 76 000 employés et dégage un chiffre d’affaires annualisé de plus de 17 milliards de dollars. Par l’entremise de ses sociétés-conseils de premier ordre, soit Marsh, Guy Carpenter et Oliver Wyman, Marsh McLennan aide ses clients à naviguer dans un environnement de plus en plus dynamique et complexe. Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site www.mercer.ca. Suivez Mercer sur Twitter @MercerCanada.

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