La situation financière des régimes de retraite PD continue de faire preuve de résistance face à la volatilité des marchés et aux niveaux d’inflation historiques : Mercer

le 3 octobre 2022

Canada, Montréal

 

La situation financière de la plupart des régimes de retraite à prestations déterminées (PD) ne s’est pas améliorée au troisième trimestre de 2002, contrairement à ce qui s’était produit aux premier et deuxième trimestres. Le rendement des placements s’est avéré négatif, pour la plupart, au cours du trimestre et le taux des obligations à long terme a baissé à la fin du trimestre par rapport au début du trimestre. La mise en commun de ces résultats s’est traduite par une légère diminution de la situation financière de la plupart des régimes PD au troisième trimestre de 2022.

 

L’indice Mercer sur la santé financière des régimes de retraite, qui mesure le degré de solvabilité médian des régimes de retraite PD figurant dans la base de données des régimes de retraite de Mercer, est passé de 109 % au 30 juin 2022 à 108 % au 30 septembre 2022.

 

Dans la base de données des régimes de retraite de Mercer, on estime qu’à la fin du troisième trimestre, 72 % des régimes présentent un excédent d’actif selon l’approche de solvabilité (par rapport à 73 % à la fin du T2), que 17 % des régimes montrent un degré de solvabilité entre 90 % et 100 % (par rapport à 16 % à la fin du T2), que 5 % des régimes obtiennent un degré de solvabilité entre 80 % et 90 % (même pourcentage qu’au T2) et que 6 % des régimes obtiennent un degré de solvabilité inférieur à 80 % (même pourcentage qu’au T2).

 

« Malgré l’importante volatilité des marchés, la plupart des régimes PD n’ont connu qu’une légère baisse au troisième trimestre de 2022, a indiqué F. Hubert Tremblay, conseiller principal du domaine Avoirs de Mercer. Et pour ce qui est des prévisions pour le reste de l’exercice, les promoteurs de régimes doivent continuer de s’attendre à un niveau important de volatilité. »

 

Les marchés demeureront fort probablement volatils à court et à moyen terme en raison des nombreux risques présents dans le monde à l’heure actuelle. Ces risques englobent le conflit en Ukraine (ce qui comprend les mesures prises par le gouvernement russe en réponse aux gains récents de l’armée ukrainienne sur le terrain, comme l’annexion de régions de l’Ukraine contrairement au droit international, et les reculs géopolitiques découlant de ces mesures), les élections de mi-mandat aux États-Unis qui auront lieu prochainement, l’impasse sur le plan politique et la polarisation aux États-Unis qui ne cessent de gagner du terrain et la possibilité d’un affrontement entre les États-Unis et la Chine quant au statut de Taïwan. Il y a également la volatilité récente de la livre sterling et des marchés obligataires, et le risque de contagion aux autres marchés.

 

Pensons également aux risques liés aux pénuries mondiales d’énergie et aux conséquences de celles-ci sur l’économie mondiale. Les promoteurs de régimes devraient porter une attention toute particulière aux risques liés à l’insécurité énergétique en Europe, comme la possibilité que le gouvernement russe utilise ses réserves de gaz pour nuire à l’Europe à titre de représailles contre les sanctions imposées à la Russie, ainsi que les conséquences d’une réduction des réserves d’énergie pour les économies européennes.

 

Et il ne faut pas oublier l’inflation, qui atteint des niveaux jamais vus en plus de 30 ans. De plus, les banques centrales du monde resserrent sérieusement leurs politiques monétaires dans le but de contrôler l’inflation. Y arriveront-elles sans provoquer une récession mondiale forçant un atterrissage brutal? La hausse des taux d’intérêt fera-t-elle en sorte que les gouvernements, les sociétés et les ménages seront dans l’incapacité d’acquitter les intérêts sur les dettes accumulées au cours de la très longue période de faiblesse des taux d’intérêt? Cette situation pourrait entraîner une hausse des faillites et une obligation de dépenser et d’investir, ce qui exacerbera davantage les risques d’une récession mondiale brutale.

 

Le contexte sanitaire mondial pose également un risque macroéconomique. Alors que l’hiver s’installe dans l’hémisphère nord, une nouvelle souche de la COVID-19 qui résiste au vaccin fera-t-elle son apparition? Comment les gouvernements et les citoyens composeront-ils avec une telle résurgence? Le gouvernement chinois maintiendra-t-il sa politique zéro COVID? Et quelles seraient les répercussions négatives d’une telle politique et des mesures de confinement draconiennes, selon certains, qui accompagnent cette politique sur l’économie chinoise? Et à quel point se fera sentir l’effet domino négatif chez les partenaires commerciaux de la Chine?

 

Pour revenir à l’inflation, alors que les travailleurs constatent une baisse de leur pouvoir d’achat, les employeurs sentiront une pression pour hausser les salaires. Les promoteurs de régimes PD à rente indexée subiront des hausses de coûts à cet égard, tandis que les promoteurs de régimes PD à rente non indexée pourraient subir la pression exercée par les groupes de retraités qui souhaitent obtenir un ajustement ponctuel en fonction du coût de la vie. Si l’on inclut les pénuries de main-d’œuvre, certains employeurs pourraient être tenus d’accroître leurs coûts de main-d’œuvre. De plus, les entreprises qui ne sont pas en mesure de transmettre cette hausse de coûts à leurs clients verront leur marge bénéficiaire et leur rentabilité réduites, ce qui fera mal à leurs perspectives économiques.

 

« Pour quiconque observe un tant soit peu la conjoncture, il est clair que la volatilité des marchés perdurera quelque temps. Et c’est justement pour traverser des périodes comme celle-ci que nous insistons sur la mise en place de structures appropriées de gouvernance et de gestion des risques. Elles sont cruciales pour assurer une gestion adéquate de tout régime de retraite », a poursuivi M. Tremblay.

 

Les promoteurs de régimes PD devront acquérir une compréhension approfondie du comportement de l’actif et du passif de leurs régimes face aux différentes conjonctures économiques, et tout particulièrement face à une récession mondiale brutale. Dans un tel contexte, le répondant du régime sera-t-il en mesure de satisfaire aux besoins du régime de retraite et de ses activités? Les promoteurs de régimes devraient prendre des mesures appropriées dès maintenant pour assurer la durabilité de leurs régimes (et l’améliorer) et diminuer les risques liés aux régimes auxquels les promoteurs sont exposés.

 

« Dans un tel environnement, nous conseillons aux promoteurs de régimes de se préparer au pire en espérant que tout se passera bien », souligne M. Tremblay.

 

Du point de vue des placements

 

Un portefeuille de fonds équilibré type aurait produit un rendement positif de 0,2 % au troisième trimestre de 2022. Les marchés boursiers mondiaux se sont redressés brièvement au début du trimestre en raison d’une forte activité économique, de la baisse des prix des ressources énergétiques et de l’optimisme quant au contrôle de l’inflation. Cependant, à la fin du trimestre, les marchés ont été rajustés à la baisse, alors que les pressions inflationnistes qui pèsent sur les biens de base compliquaient les choses et que les banques centrales mondiales demeuraient unies dans le resserrement des politiques monétaires pendant plus longtemps que prévu.

 

Tous les marchés développés ont généré des rendements négatifs (en monnaie locale) à la clôture du trimestre, alors que les investisseurs reflétaient les hausses de taux d’intérêt et les craintes d’une récession dans leurs valorisations boursières. Le rendement des marchés émergents a été inférieur à celui d’autres marchés développés. En Chine, les tensions géopolitiques et l’incertitude toujours présente quant à la reprise des activités après la dernière séquence de restrictions liées à la COVID ont nui au rendement. Au Royaume-Uni, la volatilité au cours des dernières semaines du trimestre s’est avérée très présente, alors que les annonces concernant la politique budgétaire ont eu d’importantes répercussions sur les marchés boursiers, obligataires et des devises. Le dollar américain a bondi par rapport à d’autres devises importantes des marchés développés. Cette hausse est attribuable au discours plus ferme de la Réserve fédérale américaine et au fait que des pays importateurs d’énergie ont besoin de dollars américains pour acquérir de l’énergie, dont le coût ne cesse d’augmenter. Le prix des produits de base a baissé de façon modérée, sauf pour le gaz naturel, qui a atteint un sommet jamais vu depuis plusieurs décennies en raison de la demande accrue de l’Europe, qui se constitue des réserves avant l’hiver. Du point de vue du style, le rendement des titres de croissance a été supérieur à celui des titres de valeur aux attentes en raison de l’excellente performance de juillet, alors que les investisseurs s’attendaient à ce que la Fed ne resserre pas autant sa politique monétaire afin de contrôler l’inflation. Les secteurs sensibles aux taux d’intérêt tels que l’immobilier, les technologies de l’information et les soins de santé ont continué leur piètre performance.

 

Le Canada a surpassé ses pairs à l’échelle mondiale (en monnaie locale) au cours du trimestre en raison de légères baisses du taux d’inflation. De plus, le pays a continué de tirer profit de la hausse des prix des ressources énergétiques. Le déclin des secteurs des soins de santé, de l’immobilier et des services de communications s’est poursuivi, étant donné que les conditions économiques actuelles ont un effet négatif sur les évaluations. Dans le secteur de l’immobilier, les ventes de résidences privées et les nouvelles inscriptions ont stagné tout au long du trimestre, ce qui a exercé une pression sur les prix. La devise canadienne s’est dépréciée par rapport au dollar américain.

 

Le prix des obligations canadiennes a augmenté de façon modérée au cours de la période, après avoir subi une baisse importante au cours du premier semestre de l’exercice. Les mesures de contrôle de l’inflation au Canada ont aplati la courbe des taux de rendement, alors que le taux des obligations universelles a connu une hausse de 23 points de base et que le taux des obligations à long terme a baissé de 4 points de base. Le rendement des obligations à long terme s’est avéré supérieur à celui des obligations universelles et de sociétés au cours de la période. La courbe des taux de rendement au Canada s’est inversée pendant une période au cours du dernier trimestre. À la fin du mois de septembre, les taux à court terme étaient de seulement 3 points de base inférieurs aux taux à long terme et les taux à moyen terme étaient inférieurs par rapport aux deux autres catégories.

 

« L’inflation continue d’être le point central pour le trimestre, car elle domine dans le discours ambiant sur les marchés, alors que les craintes d’une récession provoquée par les banques centrales s’accentuent, souligne Jean-Pierre Talon, membre du partenariat de Mercer Canada. Nous prévoyons que l’inflation demeurera à un taux supérieur à la cible, mais qu’elle diminuera au cours des prochains trimestres. Même si certaines catégories d’actif commencent à être sous-évaluées, le risque et l’incertitude accrus associés aux conditions économiques à court terme invitent à la retenue. »

 

La Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada ont toutes deux relevé à deux reprises leur taux d’intérêt cible au cours du trimestre, mais selon des pourcentages différents. La Banque du Canada a relevé le taux d’intérêt de 100 et de 75 points de base, alors que la Réserve fédérale américaine a relevé le taux d’intérêt de 75 points de base les deux fois. La Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada se sont toutes deux engagées à contrôler l’inflation au moyen d’une surveillance et d’un examen rigoureux de la situation.

 

Indice Mercer sur la santé financière des régimes de retraite


 

L’indice Mercer sur la santé financière des régimes de retraite suit le degré de solvabilité médian des régimes de retraite qui figurent dans la base de données des régimes de retraite de Mercer, soit une base de données qui comprend des renseignements financiers, démographiques et autres sur les régimes de retraite des clients de Mercer au Canada. La base de données contient des renseignements sur près de 500 régimes de retraite au Canada, dans tous les secteurs d’activité, notamment les secteurs public, privé et celui des organismes sans but lucratif. Les renseignements sur chaque régime de retraite figurant dans la base de données sont mis à jour chaque fois qu’une nouvelle évaluation actuarielle de la capitalisation est effectuée au titre du régime. 

 

Des prévisions de la situation financière de chaque régime sont établies en fonction de sa plus récente date d’évaluation, ce qui reflète l’accumulation estimative des prestations par les participants actifs, les paiements estimatifs de prestations aux retraités et aux bénéficiaires, une provision pour intérêts, une estimation de l’incidence des changements de taux d’intérêt, des estimations des cotisations de l’employeur et de l’employé (le cas échéant) et des rendements prévus des placements en fonction de la composition des placements visée, en présumant que la composition cible pour chaque régime demeure la même au cours de la période de projection. Les rendements des placements utilisés dans les projections sont fondés sur les rendements indiciels des catégories d’actif spécifiées comme catégories d’actif cibles des régimes individuels (ou qui s’en rapprochent étroitement).   

 

 

À propos de Mercer

Mercer croit que l’on peut travailler à façonner un brillant avenir en transformant le monde du travail, en redéfinissant les perspectives de retraite et de placement et en optimisant la santé et le mieux-être de tous. La Société compte environ 25 000 employés répartis dans 43 pays et elle exerce ses activités dans 130 pays. Mercer est une société de Marsh McLennan (symbole MMC à la Bourse de New York), chef de file mondial en services professionnels dans les domaines du risque, de la stratégie et du capital humain, qui compte 83 000 employés et dégage un chiffre d’affaires annualisé de plus de 20 milliards de dollars. Par l’entremise de ses sociétés-conseils de premier ordre, soit MarshGuy Carpenter et Oliver Wyman, Marsh McLennan aide ses clients à naviguer dans un environnement de plus en plus dynamique et complexe. Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site www.mercer.ca. Suivez Mercer sur Twitter @MercerCanada et LinkedIn.

Personne-ressource :