La situation financière des régimes de retraite à prestations déterminées continue de bien se porter. Mais pendant combien de temps la récréation peut-elle durer?

Le 1er octobre 2021

Canada, Montréal 

 

L’indice Mercer sur la santé financière des régimes de retraite, qui suit le degré de solvabilité médian des régimes de retraite à prestations déterminées (PD) compris dans la base de données des régimes de retraite de Mercer, s’est établi à 101 % au 30 septembre 2021, ce qui constitue une légère amélioration par rapport au degré de 100 % au 30 juin 2021.

 

Les rendements des placements des régimes de retraite sont restés plutôt stables au troisième trimestre. Les rendements des actions ont été généralement positifs, mais les rendements des obligations ont augmenté au cours du trimestre. L’augmentation des taux obligataires a entraîné des rendements négatifs pour les placements à revenu fixe, mais a aussi entraîné une diminution du passif de solvabilité. Par conséquent, la situation financière de la plupart des régimes de retraite s’est légèrement améliorée au cours du trimestre. Dans la base de données des régimes de retraite de Mercer, on estime qu’un peu plus de la moitié (53 %) des régimes présentent un excédent d’actif selon l’approche de solvabilité, que 31 % des régimes montrent un degré de solvabilité entre 90 % et 100 %, que 11 % des régimes obtiennent un degré de solvabilité entre 80 % et 90 % et que 5 % des régimes obtiennent un degré de solvabilité inférieur à 80 %.

 

« La situation financière des régimes de retraite continue de progresser en 2021 et, si aucun événement imprévu ne se produit, à la fin de 2021, elle devrait s’être grandement améliorée par rapport au début de l’année », a déclaré F. Hubert Tremblay, conseiller principal du domaine Avoirs de Mercer.

 

Alors que les taux de vaccination continuent d’augmenter, que les économies poursuivent leur relance et que les chaînes d’approvisionnement mondiales redémarrent, il y a lieu d’être optimiste quant à la vigueur soutenue des marchés boursiers et de la situation financière des régimes de retraite.  Cependant, des obstacles potentiels subsistent, notamment la stagnation des taux de vaccination, le risque de nouvelles souches de la COVID-19 résistantes aux vaccins, l’inflation, les niveaux des taux d’intérêt futurs et les réactions des marchés aux politiques monétaires des banques centrales, au moment où nous nous sortons de la pandémie.

 

Lorsque ces risques sont combinés aux tensions géopolitiques, à l’impasse politique (en particulier aux États-Unis) et à l’ingérence politique sur les marchés financiers et auprès des entreprises privées, les positions financières des régimes de retraite pourraient encore connaître des parcours périlleux.

 

« À mesure que les niveaux de capitalisation de leurs régimes de retraite s’améliorent, les promoteurs de régimes devraient réévaluer l’exposition au risque de leurs régimes et décider s’il est temps de cristalliser une partie de ces gains, compte tenu de l’amélioration de leur situation. Comme nous avons été en mesure de le constater en mars 2020, les marchés peuvent changer rapidement. Il est essentiel de disposer d’un plan et d’une stratégie appropriés pour s’assurer qu’un régime tire parti des gains générés par les marchés et soit protégé contre les baisses qui surviennent sur les marchés », souligne M. Tremblay. 

 

Compte tenu de l’asymétrie dans la capitalisation des régimes de retraite pour les régimes à employeur unique, les régimes fermés ou gelés bien capitalisés ne sont pas très avantagés quant à la prise de risques sur les marchés. Les promoteurs de ces régimes devraient envisager d’écarter les risques en augmentant la pondération des actifs défensifs et en assurant une meilleure adéquation des placements du régime et de leurs passifs.

 

Dans le cas des régimes ouverts et qui ont une vision à plus long terme, compte tenu du fait que les rendements des placements à revenu fixe en sont à des creux historiques, ils doivent continuer d’investir dans des actifs de croissance afin de demeurer abordables, et par conséquent gérer la volatilité qui découle de placements dans des actifs de croissance. Toutefois, la volatilité peut être gérée au moyen d’une plus grande diversification de leurs placements dans des titres des marchés publics (selon les catégories d’actif et les zones géographiques), d’une augmentation des pondérations dans les titres des marchés privés, de l’utilisation stratégique des marges et de l’inclusion de caractéristiques de partage des risques dans les dispositions des régimes.

 

Du point de vue des placements

Un portefeuille équilibré type d’un régime de retraite aurait produit un rendement de -0,1 % au troisième trimestre de 2021. D’autres éléments probants ont montré que les effets de la montée en flèche du variant Delta à l’échelle mondiale ont commencé à se faire sentir sur la croissance économique. Alors que la situation va bien dans des pays où les taux de vaccination sont élevés, notamment les États-Unis et le Royaume-Uni, où les commerces demeurent ouverts, des pays de la région d’Asie-Pacifique, où les taux de vaccination sont plus faibles, sont encore en difficulté.

 

Les actions mondiales ont dégagé des rendements positifs : les titres des États-Unis ont d’ailleurs surpassé tous ceux des autres marchés développés. De plus, une tendance s’est inversée : le rendement des actions de valeur canadiennes a surpassé celui des actions de croissance au troisième trimestre. Les actions canadiennes ont tiré de l’arrière par rapport aux actions mondiales, à l’exception des actions des pays émergents, en raison de la composition cyclique du marché et de la contre-performance du secteur des matériaux. Les actions des marchés émergents ont affiché un rendement nettement inférieur, en raison des pressions réglementaires exercées sur le secteur technologique chinois qui ont continué d’affecter l’environnement des investissements. Nous avons assisté à un retour du balancier par rapport à la tendance observée au premier semestre de 2021 : les rendements des investisseurs canadiens ont été solides, alors que le dollar canadien s’est déprécié par rapport à la plupart des grandes devises. Le dollar américain s’est par contre apprécié par rapport à la quasi-totalité des principales devises des marchés développés et émergents.

 

Les obligations universelles canadiennes et les obligations à long terme ont dégagé des rendements négatifs au cours du trimestre, alors que les rendements ont connu une hausse respectivement de 11 et de 14 points de base. Le rendement des obligations de sociétés a surpassé celui des obligations d’État, car le contexte d’appétit pour le risque s’est maintenu tout au long du troisième trimestre.

 

Les préférences des investisseurs au sein du marché immobilier canadien demeurent très segmentées en ce qui a trait au choix des secteurs. Les investisseurs continuent de rechercher une exposition aux secteurs industriels et multifamiliaux, qui présentent toujours des caractéristiques favorables. Bien que le secteur dans son ensemble demeure défavorable, nous constatons un intérêt pour certains commerces de détail essentiels. Les taux de vaccination au Canada ont maintenant dépassé les niveaux observés aux États-Unis, mais les craintes persistantes d’une possible résurgence de variants et des restrictions qui s’y rattachent sont toujours présentes. Par conséquent, les secteurs des immeubles de bureau et de détail et de l’immobilier hôtelier demeurent dans l’incertitude.

 

« La Chine continue de faire les grands titres au sein des marchés émergents. Depuis le début de l’année, nous avons observé un certain nombre de mesures réglementaires dans les domaines des lois antitrust, de la sécurité des données, de l’éducation privée et des cryptomonnaies. Nous avons également été en mesure de constater les difficultés financières de sociétés de premier plan comme China Huarong et Evergrande. Ces événements soulignent l’importance de confier un mandat en gestion active à un gestionnaire de placements qui dispose de connaissances spécialisées de la Chine », souligne Jean-Pierre Talon, membre du partenariat du domaine Avoirs de Mercer. « Même si la baisse des marchés boursiers a entraîné une diminution des évaluations, ce qui offre une porte d’entrée à prix plus abordable, les investisseurs devraient prendre le temps de laisser retomber la poussière, donc de voir comment la situation réglementaire va évoluer avant d’accroître la pondération dans cette région. »

 

La Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada ont toutes deux maintenu leur taux d’intérêt cible à 0,25 % pendant tout le troisième trimestre de 2021. La Réserve fédérale a indiqué que la modération du rythme des achats d’actifs pourrait bientôt être nécessaire si les progrès vers l’atteinte des deux objectifs de cette mesure se poursuivent de façon générale comme prévu.

 

Indice Mercer sur la santé financière des régimes de retraite


 

L’indice Mercer sur la santé financière des régimes de retraite suit le degré de solvabilité médian des régimes de retraite qui figurent dans la base de données des régimes de retraite de Mercer, soit une base de données qui comprend des renseignements financiers, démographiques et autres sur les régimes de retraite des clients de Mercer au Canada. La base de données contient des renseignements sur plus de 500 régimes de retraite au Canada, dans tous les secteurs d’activité, notamment les secteurs public, privé et celui des organismes sans but lucratif. Les renseignements sur chaque régime de retraite figurant dans la base de données sont mis à jour chaque fois qu’une nouvelle évaluation actuarielle de la capitalisation est effectuée au titre du régime. Des prévisions de la situation financière de chaque régime sont établies en fonction de sa plus récente date d’évaluation, ce qui reflète l’accumulation estimative des prestations par les participants actifs, les paiements estimatifs de prestations aux retraités et aux bénéficiaires, une provision pour intérêts, une estimation de l’incidence des changements de taux d’intérêt, des estimations des cotisations de l’employeur et de l’employé (le cas échéant) et des rendements prévus des placements en fonction de la composition des placements visée, en présumant que la composition cible pour chaque régime demeure la même au cours de la période de projection. Les rendements des placements utilisés dans les projections sont fondés sur les rendements indiciels des catégories d’actif spécifiées comme catégories d’actif cibles des régimes individuels (ou qui s’en rapprochent étroitement).

 

 

À propos de Mercer
Mercer croit que l’on peut travailler à façonner un brillant avenir en transformant le monde du travail, en redéfinissant les perspectives de retraite et de placement et en optimisant la santé et le mieux-être de tous. La Société compte environ 25 000 employés répartis dans 43 pays et elle exerce ses activités dans 130 pays. Mercer est une société de Marsh McLennan (symbole MMC à la Bourse de New York), chef de file mondial en services professionnels dans les domaines du risque, de la stratégie et du capital humain, qui compte 76 000 employés et dégage un chiffre d’affaires annualisé de 17 milliards de dollars. Par l’entremise de ses sociétés-conseils de premier ordre, soit Marsh, Guy Carpenter et Oliver Wyman, Marsh McLennan aide ses clients à naviguer dans un environnement de plus en plus dynamique et complexe. Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site www.mercer.ca. Suivez Mercer sur Twitter @MercerCanada.

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