Régimes PD se maintiennent au T1 2018 | Mercer Canada

Malgré la volatilité accrue, la solvabilité des régimes à prestations déterminées se maintient au premier trimestre

Malgré la volatilité accrue, la solvabilité des régimes à prestations déterminées se maintient au premier trimestre

  • le 2 avril 2018
  • Canada, Montréal

Le niveau de solvabilité des régimes de retraite à prestations déterminées (RPD) canadiens a atteint son niveau le plus élevé depuis 2001 au premier trimestre de 2018, avant d’effectuer un repli au cours des dernières semaines de mars. L’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite, qui illustre le ratio de solvabilité d’un régime de retraite hypothétique, est demeuré inchangé, à 106 %, par rapport début de l’année. Le ratio de solvabilité médian des régimes de retraite des clients de Mercer était de 98 % au 30 mars, en hausse par rapport au taux de 97 % enregistré à la fin de 2017.

Au premier trimestre, la solvabilité des régimes de retraite a bénéficié de la légère hausse de 5 points de base des taux d’intérêt à long terme. Les marchés boursiers ont affiché de la volatilité, mais leur effet a eu très peu d’incidence négative sur la situation financière de la majorité des régimes de retraite.

« La solvabilité d’un RPD canadien type demeure en hausse de 20 % depuis l’élection américaine de novembre 2016 », explique F. Hubert Tremblay, conseiller principal du domaine Avoirs chez Mercer.

En revanche, la volatilité a recommencé à agiter les marchés boursiers au premier trimestre de 2018, conséquence de la hausse prévue des taux d’intérêt à court terme, de l’intensification des tensions géopolitiques et, plus récemment, de la possibilité grandissante d’une guerre commerciale d’envergure mondiale.

Cette résurgence récente de la volatilité est un rappel sans équivoque qu’en dépit de la longue période haussière des dernières années sur les marchés, ceux-ci peuvent dégringoler rapidement. Les promoteurs de RPD gelés ou fermés devraient profiter de la santé financière actuelle de leurs régimes pour réévaluer sans tarder leur profil de risque actuel et voir s’il est en adéquation avec les risques qui s’annoncent. « Nous pensons que beaucoup de ces RPD sont trop exposés aux risques et que leurs promoteurs devraient envisager une répartition de l’actif moins risquée ou une transaction d’achat de rente », ajoute M. Tremblay. Une réduction importante des risques n’est probablement pas une solution abordable pour les RPD encore ouverts; cependant, les promoteurs de ces régimes auraient avantage à examiner des moyens de diversifier leurs sources de revenus, plus spécialement par l’optimisation de leur portefeuille d’actions et l’augmentation de la pondération en placements non traditionnels.

Du point de vue des placements

Un portefeuille équilibré type d’un régime de retraite aurait produit un rendement négatif de 0,5 % au premier trimestre de 2018. Les marchés des actions canadiennes et étrangères ont obtenu des rendements négatifs en monnaie locale au cours du trimestre, alors que le marché des titres à revenu fixe demeurait relativement stable.

Les actions canadiennes ont peiné au premier trimestre; elles ont affiché des rendements négatifs dans tous les secteurs, à l’exception de celui de la technologie de l’information (+10,2 %) et de l’immobilier (+0,5 %). Malgré les résultats relativement vigoureux des sociétés qui composent le TSX, les marchés ont eu un rendement négatif, principalement à cause de l’incertitude entourant les négociations sur l’ALENA et du niveau d’endettement des ménages. Ces mêmes facteurs se sont aussi répercutés sur le dollar canadien, qui s’est déprécié par rapport au dollar américain pendant le trimestre, ce qui a profité aux investisseurs qui font des placements non couverts en monnaies étrangères.

Les titres à revenu fixe canadiens des indices généraux sont demeurés stables, à l’exception des obligations à rendement réel, qui ont fait beaucoup mieux au cours du trimestre. Le taux de rendement global a augmenté de 10 points de base, et les taux à long terme, de 5 points de base.

Il y a une dizaine de jours, le président Trump a annoncé que les États-Unis prévoyaient imposer des tarifs sur des importations en provenance de la Chine pouvant atteindre les 60 milliards de dollars. « Nous avons constaté un niveau accru de volatilité sur les marchés au cours des périodes récentes, explique Jean-Pierre Talon, membre du partenariat, domaine Avoirs, de Mercer Canada. Les investisseurs se montrent sensibles aux freins que constituent le resserrement de la politique monétaire, le protectionnisme commercial et l’incertitude géopolitique. C’est ce qui nous fait penser qu’il va continuer à y avoir de la volatilité en 2018. »

Pendant le trimestre, les actions américaines ont inscrit des rendements positifs en dollars canadiens (2,1 %), mais négatifs en dollars américains (-0,8 %); le dollar canadien s’est déprécié par rapport à l’euro, à la livre sterling et au dollar américain. Par conséquent, les actions internationales (EAEO) non couvertes ont mieux performé, avec un rendement de 1,4 % en dollars canadiens, comparativement à -4,2 % en monnaie locale. Les marchés émergents ont continué d’animer le rendement des actions étrangères en produisant un rendement de 4,4 % en dollars canadiens (0,8 % en monnaie locale) au premier trimestre.

Maintenant le cap sur une politique réductionniste, la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine ont toutes deux relevé leur taux d’intérêt au premier trimestre de 2018. La Banque du Canada a augmenté son taux cible de financement à un jour à 1,25 % en janvier, tandis que la Réserve fédérale américaine a relevé en mars son taux d’intérêt cible d’un quart de point de pourcentage, soit entre 1,50 % et 1,75 %. La Réserve fédérale a tenu en mars sa première réunion dirigée par Jerome Powell, qui a été nommé président du Conseil des gouverneurs en février.

Indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite

L’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite indique le ratio actif-passif d’un régime de retraite modèle. Le ratio a été établi de façon arbitraire à 100 % au début de la période. Le nouvel indice tient compte du coût au titre des services courants et des paiements spéciaux de solvabilité, mais pas des améliorations ayant pu être apportées au régime. Il suppose également que les évaluations sont déposées chaque année civile et que le déficit révélé dans chaque évaluation est capitalisé sur une base mensuelle au cours des cinq années subséquentes.

Actif : portefeuille indiciel. Composition du portefeuille pour les périodes se terminant le 31 décembre 2016 : 42,5 % du rendement total de l’indice obligataire universel FTSE TMX; 25 % du rendement total de l’indice composé S&P/TSX; 15 % du rendement total de l’indice S&P 500 (en $ CAN); 15 % du rendement total de l’indice MSCI EAEO (en $ CAN); 2,5 % du rendement total de l’indice des bons du Trésor 91 jours FTSE TMX. Composition du portefeuille pour les périodes débutant le 1er janvier 2017 ou par la suite : 42,5 % du rendement total de l’indice obligataire à long terme FTSE TMX; 15 % du rendement total de l’indice composé S&P/TSX; 40 % du rendement total de l’indice MSCI mondial (en $ CAN); 2,5 % du rendement total de l’indice des bons du Trésor 91 jours FTSE TMX.

Passif : 50 % de participants actifs, 50 % de retraités. Pour les participants actifs, on suppose que le règlement s’effectue à 60 % au moyen de valeurs actualisées établies selon les normes de l’Institut canadien des actuaires (ICA) sur les valeurs de transfert, sans tenir compte du délai d’un mois, et à 40 % par la souscription d’une rente; pour les retraités, on suppose qu’il s’effectue par la souscription d’une rente. L’estimation du coût des rentes s’appuie sur les conseils de l’ICA sur les blocs de contrats types de durée moyenne. Les résultats varient selon le régime de retraite.

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