Les régimes de retraite PD demeurent bien capitalisés à la fin de 2021. Mais que nous réserve 2022?

Le 4 janvier 2022

Canada, Montréal

 

L’indice Mercer sur la santé financière des régimes de retraite, qui mesure et suit le degré de solvabilité médian des régimes de retraite à prestations déterminées (PD) compris dans la base de données des régimes de retraite de Mercer, s’est établi à 103 % au 31 décembre 2021. Ce pourcentage se veut une augmentation de 2 % par rapport au degré de solvabilité médian enregistré au 30 septembre 2021, et de 7 % par rapport au degré obtenu au début de 2021.

 

Pour la plupart des régimes PD, les rendements des placements ont été positifs au cours du quatrième trimestre de 2021. Les rendements sur les obligations à long terme ont diminué durant le trimestre, ce qui a accru le passif des régimes et annulé en partie les rendements positifs des placements sur les niveaux de capitalisation des régimes. Toutefois, malgré la diminution des rendements durant le quatrième trimestre, les rendements sur les obligations à long terme demeurent nettement plus élevés qu’en début de 2021.

 

Tandis que les niveaux de capitalisation continuent de s’améliorer, de plus en plus de promoteurs voient leurs régimes de retraite afficher un excédent. À la fin du quatrième trimestre, on estime que 61 % des régimes dans la base de données des régimes de retraite de Mercer présentent un excédent d’actif selon l’approche de solvabilité (contre 53 % à la fin du troisième trimestre). De plus, on estime que 27 % des régimes montrent un degré de solvabilité entre 90 % et 100 %, que 7 % des régimes obtiennent un degré de solvabilité entre 80 % et 90 % et que 5 % des régimes obtiennent un degré de solvabilité inférieur à 80 %.

 

« Tandis que la situation financière des régimes PD continue de s’améliorer, de nombreux promoteurs de régimes voient leur régime disposer d’excédents, ce qui représente une position enviable, affirme F. Hubert Tremblay, conseiller principal du domaine Avoirs de Mercer. Bien que des excédents soient préférables à des déficits, ils apportent leur lot de répercussions et de défis qui devront être gérés. »

 

L’année 2021 a été favorable aux régimes PD. En plus de la réouverture de l’économie mondiale, de la hausse des taux de vaccination et de l’augmentation de la disponibilité des vaccins, de nombreux promoteurs verront leurs régimes de retraite entamer 2022 en bonne situation financière, ce qui les placera en bonne position pour affronter les obstacles considérables qui pourraient se présenter.

 

Les nombreux obstacles englobent notamment les répercussions du variant Omicron de la COVID-19, l’apparition possible de nouveaux variants, la disponibilité des vaccins dans les pays en développement, les tensions géopolitiques accrues, l’impasse politique aux États-Unis et l’incertitude entourant les élections de mi-mandat de novembre 2022 aux États-Unis. Parmi les autres inquiétudes, notons l’inflation et la question à savoir si elle sera réellement temporaire comme l’affirment de nombreux décideurs. Mentionnons également les politiques des banques centrales en réaction à l’inflation, la gestion générale de leurs économies, ainsi que les réactions des marchés à ces politiques. Les autres obstacles comprennent les pressions à la hausse sur les salaires en réaction aux niveaux plus élevés d’inflation, de roulement du personnel et de postes vacants, qui alimenteront les pressions inflationnistes.

 

« Compte tenu des nombreux régimes PD en meilleure posture, nous continuons de penser que les promoteurs de régimes devraient revoir leur exposition au risque et cristalliser une partie de ces gains si cela est logique, ajoute M. Tremblay. Les promoteurs ne souhaiteront pas voir leurs excédents se transformer en déficits en raison de leur inaction. »

 

Compte tenu de l’asymétrie dans la capitalisation des régimes de retraite pour les régimes à employeur unique, il pourrait être peu avantageux pour les régimes fermés ou gelés bien capitalisés de continuer de prendre des risques sur les marchés. Les promoteurs de ces régimes devraient envisager d’écarter les risques en augmentant la pondération des actifs défensifs et en assurant une meilleure adéquation des placements du régime et de leurs passifs.

 

Dans le cas des régimes ouverts et des régimes qui ont une vision à plus long terme, compte tenu des rendements encore faibles sur les placements à revenu fixe, ils doivent continuer d’investir dans des actifs de croissance afin de demeurer abordables et, par conséquent, gérer la volatilité qui découle de placements dans des actifs de croissance. Cette volatilité peut être gérée au moyen d’une plus grande diversification de leurs placements dans des titres des marchés publics, par l’augmentation des pondérations dans les titres des marchés privés, l’utilisation stratégique des marges et l’inclusion de caractéristiques de partage des risques dans les dispositions des régimes.

 

Du point de vue des placements

Un portefeuille équilibré type d’un régime de retraite aurait produit un rendement de 5,6 % au quatrième trimestre de 2021. En monnaie locale, nous avons assisté à une vente massive sur les marchés boursiers mondiaux à la fin de novembre, en raison de l’inflation élevée, des inquiétudes progressives et des manchettes sur le nouveau variant de la COVID-19. La confiance s’effrite graduellement en raison de la réintroduction de restrictions dans certains pays d’Europe continentale et des préoccupations sur la possibilité que les taux d’inflation sans cesse plus élevés accélèrent le resserrement des politiques monétaires.

 

Les actions mondiales ont dégagé des rendements positifs : les titres des États-Unis ont d’ailleurs surpassé ceux des autres marchés développés. Les tendances observées au troisième trimestre sur les marchés se sont poursuivies jusqu’à la fin de 2021, tandis que les actions canadiennes ont tiré de l’arrière par rapport aux actions mondiales et que les actions de valeur canadiennes ont surpassé les actions de croissance. Les pressions réglementaires exercées sur le secteur technologique chinois ont continué d’affecter les marchés émergents dans l’ensemble. Les investisseurs canadiens ont obtenu des rendements modestes sur les marchés américains et européens, tandis que le dollar canadien s’est apprécié par rapport au dollar américain et à l’euro.

 

Les rendements des obligations universelles canadiennes étaient positifs au quatrième trimestre, malgré une hausse des taux de 11 points de base. Les rendements des obligations à long terme s’établissaient également en territoire positif, tandis que les taux reculaient de 24 points de base. Le rendement des obligations de sociétés était inférieur à celui des obligations d’État, mais les écarts se sont élargis dans un contexte d’aversion pour le risque.

 

La demande de biens immobiliers dans la plupart des secteurs demeure attribuable à une pondération solide en capitaux, aux faibles taux d’intérêt et, dans certaines régions, à la reprise de l’économie. La demande solide pour les biens immobiliers de base qui affichent un bon taux d’occupation devrait se maintenir, tandis que des occasions se présenteront sur le marché pour les vendeurs en difficulté ou motivés. Dans le marché immobilier canadien, les préférences des investisseurs demeurent très segmentées en ce qui a trait au choix des secteurs. Les investisseurs continueront de rechercher une exposition aux secteurs industriels et multifamiliaux, qui présentent toujours des caractéristiques favorables. Bien que nous constatons un intérêt pour certains commerces de détail essentiels, les centres commerciaux continuent d’être boudés. Nous nous attendons à ce que cette tendance se poursuive, puisque les secteurs des immeubles de bureau et de détail et de l’immobilier hôtelier demeurent dans l’incertitude.

 

« À l’approche de 2022, nous sommes dans l’ensemble optimistes quant aux perspectives économiques, affirme Jean-Pierre Talon, membre du partenariat du domaine Avoirs de Mercer. Une forte croissance des revenus et des bilans sains des consommateurs devraient continuer de soutenir la consommation. Les dépenses publiques et les investissements devraient rester élevés sur une longue période. La réintroduction de restrictions liées à la pandémie pourrait affaiblir la croissance en début d’année, mais nous prévoyons que la croissance se redressera après la vague du variant Omicron, ce qui remettra les économies sur la trajectoire menant à une reprise complète. »

 

La Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada ont toutes deux maintenu leur taux d’intérêt cible à 0,25 % pendant tout le quatrième trimestre de 2021. La Réserve fédérale américaine a confirmé que la réduction d’achat d’actifs commencera comme prévu et les marchés continuent de tabler sur des hausses de taux durant la prochaine année.

 

Indice Mercer sur la santé financière des régimes de retraite


 

L’indice Mercer sur la santé financière des régimes de retraite suit le degré de solvabilité médian des régimes de retraite qui figurent dans la base de données des régimes de retraite de Mercer, soit une base de données qui comprend des renseignements financiers, démographiques et autres sur les régimes de retraite des clients de Mercer au Canada. La base de données contient des renseignements sur plus de 500 régimes de retraite au Canada, dans tous les secteurs d’activité, notamment les secteurs public, privé et celui des organismes sans but lucratif. Les renseignements sur chaque régime de retraite figurant dans la base de données sont mis à jour chaque fois qu’une nouvelle évaluation actuarielle de la capitalisation est effectuée au titre du régime. Des prévisions de la situation financière de chaque régime sont établies en fonction de sa plus récente date d’évaluation, ce qui reflète l’accumulation estimative des prestations par les participants actifs, les paiements estimatifs de prestations aux retraités et aux bénéficiaires, une provision pour intérêts, une estimation de l’incidence des changements de taux d’intérêt, des estimations des cotisations de l’employeur et de l’employé (le cas échéant) et des rendements prévus des placements en fonction de la composition des placements visée, en présumant que la composition cible pour chaque régime demeure la même au cours de la période de projection. Les rendements des placements utilisés dans les projections sont fondés sur les rendements indiciels des catégories d’actif spécifiées comme catégories d’actif cibles des régimes individuels (ou qui s’en rapprochent étroitement).

 

 

À propos de Mercer
Mercer croit que l’on peut travailler à façonner un brillant avenir en transformant le monde du travail, en redéfinissant les perspectives de retraite et de placement et en optimisant la santé et le mieux-être de tous. La Société compte environ 25 000 employés répartis dans 43 pays et elle exerce ses activités dans 130 pays. Mercer est une société de Marsh McLennan (symbole MMC à la Bourse de New York), chef de file mondial en services professionnels dans les domaines du risque, de la stratégie et du capital humain, qui compte 76 000 employés et dégage un chiffre d’affaires annualisé de plus de 17 milliards de dollars. Par l’entremise de ses sociétés-conseils de premier ordre, soit Marsh, Guy Carpenter et Oliver Wyman, Marsh McLennan aide ses clients à naviguer dans un environnement de plus en plus dynamique et complexe. Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site www.mercer.ca. Suivez Mercer sur Twitter @MercerCanada.

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