Les régimes de retraite terminent la folle année 2020 aussi bien capitalisés qu’au moment où ils l’avaient commencée – Mercer

Le 4 janvier 2021

Canada, Montréal

 

Propulsés par le marché des actions, les niveaux de capitalisation des régimes de retraite canadiens ont poursuivi leur remontée au T4 2020, selon l’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite. Toutefois, d’importants risques se profilent à l’horizon dans la foulée des dommages économiques occasionnés par la pandémie.

 

L’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite, soit le ratio de solvabilité d’un régime de retraite à prestations déterminées (« PD ») hypothétique, est passé de 107 % à la fin de septembre à 114 % à la fin de décembre, en hausse de 2 % par rapport au début de 2020. Le ratio de solvabilité médian des régimes de retraite des clients de Mercer était de 96 % au 31 décembre 2020, en hausse par rapport au ratio de 93 % enregistré le 30 septembre, mais en légère baisse comparativement au chiffre de 98 % observé au début de l’année.

 

Au cours du quatrième trimestre, les niveaux de capitalisation des régimes PD ont continué de récupérer les pertes enregistrées au premier trimestre. L’amélioration est principalement attribuable aux marchés des actions, soutenus par une légère hausse des rendements obligataires et par l’incidence des modifications apportées récemment aux normes de détermination des valeurs actualisées de l’Institut canadien des actuaires.

 

« Les niveaux de capitalisation des régimes de retraite à prestations déterminées ont subi une baisse catastrophique au premier trimestre, mais la plupart sont revenus ou presque revenus à leur niveau d’avant la pandémie », a déclaré F. Hubert Tremblay, conseiller principal du domaine Avoirs de Mercer Canada.  « Les régimes PD canadiens demeurent bien capitalisés au regard des niveaux historiques, même en tenant compte du fait que les passifs actuariels sont évalués aux très faibles taux d’intérêt d’aujourd’hui. »

 

De nombreux promoteurs de régimes ont choisi de déposer une évaluation actuarielle à la fin de 2019, stabilisant de ce fait les cotisations requises pour les prochaines années. Des modifications apportées récemment aux règles de capitalisation des régimes PD permettront également d’assouplir les exigences de capitalisation pour la plupart des promoteurs de régimes. Exception notable, les régimes de retraite des industries et entreprises sous réglementation fédérale (les banques, les compagnies dans le secteur du transport, les entreprises de télécommunications, etc.) demeurent soumis à l’évaluation annuelle et aux exigences de capitalisation du déficit de solvabilité. Cependant, le gouvernement fédéral envisage une autre série de mesures d’allégement temporaire de capitalisation du déficit de solvabilité pour ces régimes.

 

Étant donné la remontée des niveaux de capitalisation par rapport aux creux de mars 2020, le déploiement des vaccins contre la COVID-19 et la réouverture prévue de l’économie mondiale, il y a lieu d’être optimiste pour 2021 et après. Toutefois, d’importants risques liés notamment au rythme de régression de la pandémie, à la hausse considérable des niveaux d’endettement, à la persistance de la faiblesse des taux d’intérêt et aux tensions géopolitiques persisteront.

 

« Quant à l’évolution future, nous devons nous attendre à ce que la volatilité se poursuive alors que les marchés réagissent à la façon dont les gouvernements et les chefs d’entreprises s’adaptent à l’économie mondiale post-COVID », ajoute M. Tremblay.  « Les promoteurs de régimes ne devraient pas baisser la garde, même si on entrevoit maintenant la fin de la pandémie. »

 

Beaucoup de régimes bien capitalisés, fermés et gelés n’ont vraiment pas avantage à prendre d’importants risques. Pour nombre de promoteurs, il pourra s’avérer prudent d’écarter certains risques en augmentant la pondération des actifs défensifs, en assurant une meilleure adéquation des placements aux passifs de leurs régimes, en procédant à la souscription de rentes, en terminant et liquidant leurs régimes ou même en les fusionnant avec des régimes de retraite conjoints, si cette option s’offre à eux et est avantageuse.

 

Quant aux régimes ouverts et aux régimes avec un horizon à long terme, ils devront relever un défi plus difficile. Vu la faiblesse persistante des rendements des placements à revenu fixe, ils doivent continuer à investir considérablement dans les actifs de croissance afin de rester abordables. Toutefois, une pondération marquée des actifs de croissance s’accompagne d’une exposition à la volatilité des marchés. Le défi sera donc de trouver l’équilibre voulu entre les objectifs des promoteurs de régimes et ceux des participants aux régimes. Des taux de cotisation réalistes, des caractéristiques de partage des risques, une forte diversification parmi les catégories d’actifs et les régions géographiques, et une sélection rigoureuse des gestionnaires de placements ne revêtiront désormais que plus d’importance.

 

Du point de vue des placements

Un portefeuille équilibré type d’un régime de retraite aurait dégagé un rendement de 5,5 % au quatrième trimestre de 2020, alors que les marchés des actions continuaient à monter graduellement tandis que les obligations s’appréciaient légèrement.

 

Les marchés boursiers se sont redressés, alors que les craintes concernant les restrictions liées à la COVID-19 étaient compensées par des faits nouveaux très favorables sur le plan de la vaccination, et que les investisseurs réagissaient positivement au résultat des élections américaines.  En monnaie locale, le cours des actions des marchés émergents a pris les devants, suivi de celui des actions mondiales. Les rendements des investisseurs canadiens sont modestes, cependant, puisque le dollar américain s’est affaibli par rapport à la plupart des devises et qu’il a notamment baissé fortement par rapport aux devises des exportateurs de matières premières, alors que diminuait la demande des investisseurs pour des devises refuges. Le marché boursier canadien s’est aussi établi en territoire positif pendant le trimestre, le secteur de l’énergie ayant renversé la tendance négative observée au troisième trimestre. Le pétrole représente un de ces secteurs qui suivent le cycle économique et qui gagneront le plus d’ici la fin prévue de la pandémie et la réouverture complète de l’économie.

 

Après plusieurs trimestres de contre-performance, les actions axées sur la valeur ont contrecarré la tendance historique et se sont mieux comportées que les actions axées sur la croissance pendant le quatrième trimestre. On s’attend à ce que les actions axées sur la valeur soient avantagées de manière disproportionnée dans le monde complètement rouvert qui succédera à la COVID-19, surtout après le redressement foudroyant que les titres technologiques et des entreprises de « services à domicile », majoritairement représentés dans les indices de croissance, ont connu en 2020.

 

Les fiducies de placement immobilier mondiales ont affiché des gains considérables au cours du quatrième trimestre, alors que l’optimisme des investisseurs débordait dans un secteur qui a subi d’importants reculs en 2020. Les écarts de taux se sont rétrécis alors que de façon générale les investisseurs affluaient vers les actifs à risque. Par conséquent, les rendements des obligations de sociétés sont modestement positifs, dépassant ceux des obligations universelles et des obligations à long terme.

 

« Même si la mise au point d’un vaccin et le résultat des élections aux États-Unis ont déclenché une reprise des cours des actions pendant le quatrième trimestre, les préoccupations politiques demeurent grandes; elles pourraient être à l’origine d’une volatilité et d’un risque de baisse à court terme », soutient Jean-Pierre Talon, membre du partenariat de Mercer Canada. « À l’aube de 2021, le tracé exact de la croissance serait bien difficile à prévoir. Par contre, nous prévoyons tout de même que l’économie mondiale continuera de croître vigoureusement et récupérera le terrain perdu, alors qu’une vaccination massive semble de plus en plus probable et donne une lueur d’espoir. »

 

La Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada ont toutes deux maintenu leur taux d’intérêt cible à 0,25 % pendant tout le quatrième trimestre, après une suite de réductions au premier trimestre.

 

Indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite


 

L’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite indique le ratio actif-passif d’un régime de retraite modèle. Le ratio a été établi de façon arbitraire à 100 % au début de la période. Le nouvel indice tient compte du coût au titre des services courants et des paiements spéciaux de solvabilité, mais pas des améliorations ayant pu être apportées au régime. Il suppose également que les évaluations sont déposées chaque année civile et que le déficit révélé dans chaque évaluation est financé sur une base mensuelle au cours des cinq années subséquentes.

 

Actif : portefeuille indiciel.  Répartition de l’actif jusqu’au 31 décembre 2016 : indice obligataire universel de rendement total FTSE TMX, 42,5 %; indice composé S&P/TSX, 25 %; indice S&P 500 (en $ CA), 15 %; indice MSCI EAEO (en $ CA), 15 %; indice des bons du Trésor à 91 jours FTSE TMX, 2,5 %.  Répartition de l’actif à compter du 1er janvier 2017 : indice obligataire à long terme de rendement total FTSE TMX, 42,5 %; indice composé S&P/TSX, 15 %; indice MSCI Monde (en $ CA), 40 %; indice des bons du Trésor à 91 jours FTSE TMX, 2,5 %.

 

Passif : 50 % de participants actifs, 50 % de retraités. Pour les participants actifs, on suppose que le règlement s’effectue à 60 % sous forme d’un montant forfaitaire représentant la valeur actualisée de la rente selon les normes de l’Institut canadien des actuaires (ICA) sur la valeur actualisée d’une rente, sans tenir compte du délai d’un mois, et à 40 % par la souscription d’une rente.  Pour les retraités, on suppose qu’il s’effectue par la souscription d’une rente. L’estimation du coût des rentes s’appuie sur le matériel d’orientation de l’ICA sur les blocs de contrats types de durée moyenne. Les résultats varient selon le régime de retraite.

 

Le ratio de solvabilité médian des régimes de retraite des clients de Mercer est calculé en fonction de prévisions tirées des données de la base de données des clients de Mercer. Les données et la méthode d’établissement des prévisions ont été revues rétroactivement au 30 septembre 2019. L’effet approximatif des changements apportés aux données et à la méthode s’est traduit par une réduction d’environ 2 % du ratio de solvabilité médian.

 

 

À propos de Mercer Canada
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