Les niveaux de capitalisation élevés des régimes de retraite PD se sont maintenus au cours du T2 de 2021. Mais pendant encore combien de temps?

Le 2 juillet 2021

Canada, Montreal

 

Les niveaux de capitalisation élevés des régimes de retraite canadiens à prestations déterminées se sont maintenus au cours du deuxième trimestre de 2021. Pour que ces niveaux élevés se maintiennent, les rendements du marché des actions, l’inflation et le niveau des taux d’intérêt devront demeurer favorables dans le contexte de réouverture post-COVID-19.

 

L’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite (MPHI), soit le ratio de solvabilité d’un régime de retraite à prestations déterminées (PD) hypothétique, n’a pas beaucoup changé au cours du deuxième trimestre; il s’est établi à 125 % à la fin de juin. Le ratio de solvabilité médian des régimes de retraite des clients de Mercer était de 100 % au 30 juin.

 

Le rendement des placements de la plupart des régimes de retraite s’est avéré positif au cours du trimestre. Toutefois l'effet de ces rendements favorables sur les niveaux de capitalisation a été contrebalancé par une baisse des taux des obligations à long terme et un changement de directive quant à l’estimation du coût d’achat des rentes (ces deux facteurs ont fait augmenter le passif des régimes). Par conséquent, les niveaux de capitalisation sont demeurés sensiblement les mêmes par rapport aux niveaux établis au 31 mars. L’indice MPHI demeure à son plus haut niveau depuis sa création en 1999. On estime qu’environ la moitié des régimes de retraite des clients de Mercer présentent un excédent d’actif selon l’approche de solvabilité et qu’un peu moins de 6 % d’entre eux obtiennent un ratio de solvabilité inférieur à 80 %.

 

« 2021 continue d’être favorable aux régimes de retraite PD », a déclaré F. Hubert Tremblay, conseiller principal du domaine Avoirs de Mercer.  « La reprise par rapport aux planchers de mars 2020 s’est avérée remarquable. Par contre, seul le temps nous dira si ces améliorations dureront. »

 

Compte tenu de l’augmentation soutenue du nombre de personnes vaccinées, de la fin du confinement, de la relance de l’économie mondiale et de la hausse prévue des dépenses de consommation, on s’attend à ce que les marchés continuent de progresser, à l’instar des régimes PD. Cependant, d’importants risques se profilent encore à l’horizon, notamment le risque d’émergence de variants qui résistent aux vaccins de la COVID-19, la possibilité que les taux de vaccination n’atteignent pas le niveau d’immunité collective (ce qui empêcherait la relance complète de certaines économies), les valorisations élevées sur les marchés des actions (par rapport aux dernières années), l’inflation et le niveau futur des taux d’intérêt. La hausse des taux d’intérêt comme bouclier contre des taux d’inflation élevés pourrait avoir un effet négatif sur le rendement des marchés, les bénéfices des sociétés et la capacité des gouvernements, des sociétés et des gens à rembourser leurs dettes.

 

Les autres risques comprennent notamment les tensions géopolitiques (et la gestion de ces tensions), le protectionnisme accru et les appels à un ralentissement du rythme de la mondialisation et de la chaîne d’approvisionnement mondiale. Chacune de ces tendances présente son lot de menaces pour les marchés et, par conséquent, pour les niveaux de capitalisation des régimes PD.

 

« Nous sommes toujours d’avis que les promoteurs de régimes ne devraient pas se contenter de constater l’amélioration des niveaux de capitalisation de leurs régimes de retraite. Ils doivent en profiter pour revoir leur tolérance au risque, faire concorder leur exposition aux risques en fonction d’un niveau de risque qui leur est acceptable et cristalliser ces niveaux de capitalisation améliorés, dans des cas où il est logique de le faire, pour écarter les risques », a déclaré M. Tremblay.      

 

Les régimes bien capitalisés, fermés et gelés n’ont pas vraiment avantage à continuer de prendre d’importants risques. Les promoteurs de ces régimes devraient profiter de l’occasion pour écarter les risques, en augmentant la pondération des actifs défensifs, en assurant une adéquation des placements aux passifs de leurs régimes, en stimulant la souscription de rentes, en liquidant leurs régimes ou même en les fusionnant avec des régimes de retraite conjoints, si cette option s’offre à eux.

 

Quant aux régimes ouverts et aux régimes avec un horizon à plus long terme, ils devront relever un défi plus difficile. Le rendement des placements à revenu fixe demeure faible. Ces régimes doivent donc continuer d’investir de façon importante dans les actifs de croissance afin de demeurer abordables tout en composant avec la volatilité qui en découle. Il est possible de réduire la volatilité au moyen de caractéristiques de partage des risques, de l’utilisation stratégique des marges, de l’augmentation des pondérations dans les titres des marchés privés et d’une plus grande diversification des placements dans des titres des marchés publics (y compris la diversification géographique).

 

Du point de vue des placements

Un portefeuille équilibré type d’un régime de retraite aurait produit un rendement de 5,3 % au deuxième trimestre de 2021. De nombreux pays développés ont amorcé leur déconfinement, alors que le rythme élevé de vaccination a continué de surprendre. Cependant, les craintes liées aux variants laissent planer un doute quant aux plans de réouverture complète à venir et à la reprise du tourisme international, un secteur duquel dépendent de nombreuses économies.

 

Les indices prospectifs des directeurs d’achat laissent entendre que la forte propension à une relance devrait se maintenir, car les économies rouvertes bénéficieront au moins des dépenses de consommation à l’échelle nationale et de la reprise des services, secteur qui peine à rattraper le retard accumulé dans certains cas. Le rendement des actions de valeur a surpassé celui des actions de croissance une fois de plus, notamment en raison des rendements élevés et soutenus dans les secteurs de l’énergie et de la finance. De plus, un contexte inflationniste devrait demeurer favorable aux actions de valeur dans un avenir rapproché. Le rendement des actions canadiennes a surpassé celui de leurs homologues mondiales, en raison de la constitution cyclique du marché et de la concentration de celui-ci dans les secteurs de l’énergie et de la finance. Le rendement des actions américaines était semblable à celui des actions des marchés mondiaux, par opposition au rendement des actions des marchés émergents qui tirait de l’arrière, alors que les pressions sur le plan réglementaire exercées sur le secteur chinois des technologies sont venues contrebalancer une hausse importante dans des pays exportateurs de marchandises. La tendance observée au quatrième trimestre de 2020 et au premier trimestre de 2021 s’est poursuivie – les rendements des investisseurs canadiens sont demeurés modestes. Le dollar canadien s’est apprécié par rapport à la plupart des principales devises, et le dollar américain s’est déprécié en raison de pressions inflationnistes qui ont continué de s’accentuer au cours du trimestre.

 

Le taux des obligations est demeuré stable au cours du trimestre, par opposition à la forte progression enregistrée au début de l’année, alors que le taux des obligations universelles faisait du surplace et que celui des obligations à long terme subissait une perte de 18 points de base. Les entreprises sont toujours en mesure d’obtenir du financement à très faible coût afin d’améliorer leur bilan. Combinée à de solides perspectives économiques, cette situation a entraîné une réduction du risque de crédit perçu, ce qui, selon les investisseurs, justifie des écarts de taux extrêmement bas.

 

La croissance des prix des marchandises s’est poursuivie, alors que les producteurs avaient du mal à répondre à la forte demande cyclique en cours, tandis que le prix de l’or a remonté tout au long du deuxième trimestre, après la correction survenue plus tôt au cours de l’année. Le marché canadien de l’immobilier est en voie de connaître une solide reprise quant au nombre de transactions cette année, ce qui est attribuable à la forte demande d’immeubles industriels et d’habitation, ainsi que de terrains. Le sentiment des investisseurs demeure incertain dans le secteur des immeubles de bureaux et de commerces de détail, ce qui est venu limiter les transactions immobilières dans les centres-villes, tant pour les bureaux que pour les centres commerciaux adjacents. Toutefois, la situation des immeubles commerciaux se clarifiera cet automne, en fonction du comportement des occupants.

 

« Même si la relance est en plein essor, les pressions inflationnistes continuent de s’accentuer, alors que le scénario d’après lequel l’inflation dépassera les cibles officielles au cours des dix prochaines années est beaucoup plus envisageable qu’avant la pandémie », indique Jean-Pierre Talon, membre du partenariat du domaine Avoirs de Mercer. « Les investisseurs doivent garder l’œil ouvert pour éviter d’être pris par surprise par l’inflation, contre laquelle bon nombre de portefeuilles ne sont probablement pas toujours bien protégés. Une option raisonnable serait de passer en revue la composante d’un portefeuille la plus sensible à l’inflation pour veiller à ce que tous les placements se comportent adéquatement en cas de hausse modérée de l’inflation d’ici les trois à cinq prochaines années. »

 

La Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada ont toutes deux maintenu leur taux d’intérêt cible à 0,25 % pendant tout le deuxième trimestre de 2021. Toutefois, lors de la dernière réunion du Federal Open Market Committee, les 15 et 16 juin, la Réserve fédérale américaine a devancé sa première hausse de taux : elle prévoit maintenant deux hausses de taux en 2023 plutôt qu’en 2024, tel qu’il avait été planifié initialement.

 

Indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite


 

L’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite indique le ratio actif-passif d’un régime de retraite modèle. Le ratio a été établi de façon arbitraire à 100 % au début de la période. Le nouvel indice tient compte du coût au titre des services courants et des paiements spéciaux de solvabilité, mais pas des améliorations ayant pu être apportées au régime. Il suppose également que les évaluations sont déposées chaque année civile et que le déficit révélé dans chaque évaluation est financé sur une base mensuelle au cours des cinq années subséquentes.

 

Actif : portefeuille indiciel. Répartition de l’actif jusqu’au 31 décembre 2016 : indice obligataire universel de rendement total FTSE TMX, 42,5 %; indice composé S&P/TSX, 25 %; indice S&P 500 (CAD), 15 %; indice MSCI EAEO (CAD), 15 %; indice des bons du Trésor à 91 jours FTSE TMX, 2,5 %.  Répartition de l’actif à compter du 1er janvier 2017 : indice obligataire à long terme de rendement total FTSE TMX, 43 %; indice composé S&P/TSX, 15 %; indice MSCI Monde Tous Pays (CAD), 40 %; indice des bons du Trésor à 91 jours FTSE TMX, 2 %.

 

Passif : 50 % de participants actifs, 50 % de retraités. Pour les participants actifs, on suppose que le règlement s’effectue à 60 % sous forme d’un montant forfaitaire représentant la valeur actualisée de la rente selon les normes de l’Institut canadien des actuaires (ICA) sur la valeur actualisée d’une rente, sans tenir compte du délai d’un mois, et à 40 % par la souscription d’une rente. Pour les retraités, on suppose qu’il s’effectue par la souscription d’une rente. L’estimation du coût des rentes s’appuie sur le matériel d’orientation de l’ICA sur les blocs de contrats types de durée moyenne. Les résultats varient selon le régime de retraite.

 

Le ratio de solvabilité médian des régimes de retraite des clients de Mercer est calculé en fonction de prévisions tirées des données de la base de données des clients de Mercer. Les données et la méthode d’établissement des prévisions ont été revues rétroactivement au 31 décembre 2020. L’effet approximatif des changements apportés aux données et à la méthode s’est traduit par une réduction d’environ 2 % du ratio de solvabilité médian.

 

 

À propos de Mercer
Mercer croit que l’on peut travailler à façonner un brillant avenir en transformant le monde du travail, en redéfinissant les perspectives de retraite et de placement et en optimisant la santé et le mieux-être de tous. La Société compte environ 25 000 employés répartis dans 43 pays et elle exerce ses activités dans 130 pays. Mercer est une société de Marsh McLennan (symbole MMC à la Bourse de New York), chef de file mondial en services professionnels dans les domaines du risque, de la stratégie et du capital humain, qui compte 76 000 employés et dégage un chiffre d’affaires annualisé de 17 milliards de dollars. Par l’entremise de ses sociétés-conseils de premier ordre, soit Marsh, Guy Carpenter et Oliver Wyman, Marsh McLennan aide ses clients à naviguer dans un environnement de plus en plus dynamique et complexe. Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site www.mercer.ca. Suivez Mercer sur Twitter @MercerCanada.

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