2018 a mal fini pour les régimes | Mercer Canada

Les régimes de retraite à prestations déterminées ont nettement reculé au quatrième trimestre de 2018

Les régimes de retraite à prestations déterminées ont nettement reculé au quatrième trimestre de 2018

  • Le 3 janvier 2019
  • Canada, Montréal

La solvabilité des régimes de retraite à prestations déterminées canadiens a nettement chuté au cours du quatrième trimestre de 2018, annulant tous les gains des neuf premiers mois de l’année et même pire. L’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite, qui illustre le degré de solvabilité d’un régime de retraite hypothétique, s’est établi à 102 % le 31 décembre, en baisse par rapport à 112 % le 28 septembre et à 106 % au début de l’année. Le ratio de solvabilité médian des régimes de retraite des clients de Mercer se situait à 95 % le 31 décembre, en baisse par rapport à 102 % le 28 septembre et à 97 % à la fin de 2017. Moins de 30 % des régimes de retraite canadiens ont terminé l’année entièrement capitalisés, en forte baisse par rapport aux 60 % qui avaient atteint ce niveau à la fin du mois de septembre.

Au cours du quatrième trimestre, la situation financière des régimes de retraite a subi le contrecoup de la faiblesse des marchés boursiers et de la baisse de 30 points de base des taux d’intérêt à long terme, qui ont chacune contribué presque autant au recul. Une baisse de 100 points de base des taux d’intérêt donne généralement lieu à une hausse de 10 % à 15 % de la valeur des obligations des régimes. Le problème a en partie été compensé par la vigueur du dollar américain pour les régimes ayant une exposition à des actifs étrangers sans couverture de devise.

« Les régimes de retraite canadiens ont encaissé un coup dur au quatrième trimestre, mais ils bénéficiaient heureusement d’une très solide situation en début de trimestre », a déclaré F. Hubert Tremblay, conseiller principal du domaine Avoirs de Mercer Canada.

Après avoir résisté aux difficultés au cours des trois premiers trimestres, les marchés financiers ont finalement succombé à la pression de la hausse des taux d’intérêt à court terme, des guerres commerciales et des turbulences dans l’économie de certains marchés émergents.

La dégradation de la situation financière des régimes PD a été nette et soudaine, mais l’impact sur les exigences de financement des promoteurs de régimes de retraite devrait être relativement limité parce que de nombreux régimes enregistraient déjà un excédent d’actif et bénéficiaient donc d’une certaine marge de manœuvre pour absorber le choc. De plus, pour les promoteurs de régimes de l’Ontario et du Québec, la nouvelle législation sur le financement se traduira par des hausses beaucoup plus petites des cotisations requises par rapport au précédent régime fondé sur la solvabilité.

Il reste à voir si la faiblesse des marchés financiers se poursuivra en 2019. Malgré les menaces d’un maintien de la volatilité, les nouvelles règles de financement encourageront certains promoteurs de régimes à maintenir d’importants risques liés aux placements, surtout si leurs régimes ne sont pas totalement capitalisés et ont un horizon de placement d’une dizaine d’années ou plus. Cependant, les promoteurs de régimes de retraite à prestations déterminées gelés ou fermés qui demeurent bien capitalisés devraient assurément penser à réduire les risques, soit en modifiant la répartition de l’actif, soit en transférant les risques. « Le quatrième trimestre a été le trimestre le plus actif de l’histoire du marché canadien des rentes, avec environ 1,5 milliard de dollars de passif transféré des régimes de retraite aux compagnies d’assurance. Comme prévu, les promoteurs de régimes ont profité de conditions de tarification très favorables, car les assureurs ont cherché à atteindre leurs objectifs de vente audacieux », a poursuivi M. Tremblay.

Du point de vue des placements

Un portefeuille équilibré type d’un régime de retraite aurait diminué de 3,8 % au cours du quatrième trimestre de 2018. Les marchés boursiers ont nettement reculé, alors que les obligations canadiennes ont progressé.

Les rendements boursiers canadiens ont été nettement négatifs au quatrième trimestre, en partie à cause de la baisse des prix du pétrole et de la hausse des taux d’intérêt, l’indice composé S&P/TSX enregistrant un rendement de -10,1 %. Huit des 11 secteurs ont enregistré des rendements négatifs, le secteur des soins de santé (-35,3 %) perdant tous les gains qu’il avait accumulés au troisième trimestre. Dans un contexte de baisse des taux de rendement, les marchés canadiens des titres à revenu fixe ont été en hausse durant le trimestre, les obligations à long terme (1,9 %) ayant enregistré un rendement légèrement supérieur à celui des obligations universelles (1,8 %). Cependant, les obligations à rendement réel (-1,1 %) ont reculé au quatrième trimestre.

Les États-Unis ont tiré les marchés boursiers mondiaux vers le bas, dégageant un rendement de -13,5 % en dollars américains (-8,6 % en dollars canadiens), après un troisième trimestre très vigoureux. Les actions des marchés développés ont aussi reculé, l’indice MSCI Monde ayant enregistré un rendement de -13,0 % en monnaie locale (-8,4 % en dollars canadiens). Les marchés émergents ont continué de faire preuve de faiblesse au quatrième trimestre, en affichant un rendement de -7,4 % en monnaie locale (-2,2 % en dollars canadiens); cependant, étant donné la débâcle des marchés développés, ce sont eux qui ont obtenu les meilleurs rendements dans le segment des actions mondiales. Les rendements plus élevés en dollars canadiens par rapport aux rendements en monnaie locale sont attribuables à la baisse de la valeur du dollar canadien au cours du trimestre.

« Les guerres commerciales, la position de la Réserve fédérale américaine, les prix du pétrole et les négociations du Brexit qui ont marqué le troisième trimestre ont continué de dominer les marchés pendant le dernier trimestre de l’année », a expliqué Gilles Lavoie, conseiller principal, Mercer Canada. « L'économie mondiale affrontera une année 2019 difficile, à cause de la poursuite du resserrement de la politique des banques centrales et du contexte politique difficile. »

En octobre, la Banque du Canada a relevé son taux cible de financement à un jour d’un quart de point de pourcentage pour le porter à 1,75 %. Lors de sa réunion de décembre, la Réserve fédérale américaine a majoré son taux cible à 2,5 %, mais a laissé entendre que l’on devait s’attendre à des hausses de taux moins nombreuses en 2019.

Indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite

L’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite indique le ratio actif-passif d’un régime de retraite modèle. Le ratio a été établi de façon arbitraire à 100 % au début de la période. Le nouvel indice tient compte du coût au titre des services courants et des paiements spéciaux de solvabilité, mais pas des améliorations ayant pu être apportées au régime. Il suppose également que les évaluations sont déposées chaque année civile et que le déficit révélé dans chaque évaluation est capitalisé sur une base mensuelle au cours des cinq années subséquentes.

Actif : portefeuille indiciel. Composition du portefeuille pour les périodes se terminant le 31 décembre 2016 : 42,5 % du rendement total de l’indice obligataire universel FTSE TMX; 25 % du rendement total de l’indice composé S&P/TSX; 15 % du rendement total de l’indice S&P 500 (en $ CAN); 15 % du rendement total de l’indice MSCI EAEO (en $ CAN); 2,5 % du rendement total de l’indice des bons du Trésor 91 jours FTSE TMX. Composition du portefeuille pour les périodes débutant le 1er janvier 2017 ou par la suite : 42,5 % du rendement total de l’indice obligataire à long terme FTSE TMX; 15 % du rendement total de l’indice composé S&P/TSX; 40 % du rendement total de l’indice MSCI mondial (en $ CAN); 2,5 % du rendement total de l’indice des bons du Trésor 91 jours FTSE TMX.

Passif : 50 % de participants actifs, 50 % de retraités. Pour les participants actifs, on suppose que le règlement s’effectue à 60 % au moyen de valeurs actualisées établies selon les normes de l’Institut canadien des actuaires (ICA) sur les valeurs de transfert, sans tenir compte du délai d’un mois, et à 40 % par la souscription d’une rente; pour les retraités, on suppose qu’il s’effectue par la souscription d’une rente. L’estimation du coût des rentes s’appuie sur les conseils de l’ICA sur les blocs de contrats types de durée moyenne. Les résultats varient selon le régime de retraite.


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