Mercer Canada | Brexit et régimes canadiens

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Le Brexit jette un froid sur la santé financière des régimes de retraite canadiens au deuxième trimestre de 2016

  • Le 28 juin 2016
  • Canada, Montréal, QC

Le ratio de solvabilité d’un régime de retraite canadien type a chuté d’environ 3 % depuis l’annonce des résultats du vote du Brexit. L’incidence du Brexit s’est traduite, pour la plupart des régimes de retraite, par une diminution du ratio de solvabilité pour le premier semestre de 2016. Le ratio de solvabilité médian des régimes de retraite des clients de Mercer s’est établi à 82 % au 27 juin 2016, soit un recul par rapport aux 85 % du début de l’année et aux 85 % atteints juste avant le vote du Brexit. L’indice de Mercer sur la santé financière des régimes de retraite, qui illustre le ratio de solvabilité d’un régime de retraite hypothétique, a lui aussi régressé durant le premier semestre : il se chiffrait à 88 %, alors qu’il était de 93 % au début de l’année.

Le repli du niveau de solvabilité des régimes de retraite au cours du premier semestre de 2016 est aussi attribuable à la chute des rendements des obligations à long terme, au rendement anémique des actions à l’échelle mondiale et à l’appréciation du dollar canadien (qui a nui au rendement des placements étrangers qui ne font pas l’objet d’une stratégie de couverture des devises). « Le vote du Brexit a manifestement engendré de l’incertitude géopolitique et économique, ce qui se traduira sans doute par une volatilité accrue pour les régimes de retraite dans les mois, voire les années à venir », déclare F. Hubert Tremblay, conseiller principal du domaine Retraite chez Mercer. « Les promoteurs de régimes de retraite devraient s’assurer d’être en mesure de composer avec leur exposition actuelle aux risques liés à leurs régimes de retraite. »

Dans un tel contexte de volatilité toujours croissante, beaucoup de promoteurs de régimes à prestations déterminées constateront qu’ils sont plus exposés aux risques liés aux régimes de retraite qu’ils ne le croient ou ne le souhaitent. Les promoteurs doivent adopter une approche réfléchie et consciencieuse en matière de rééquilibrage de la répartition de l’actif de leur politique de placement lorsque les marchés financiers sont extrêmement volatils. À mesure que la situation financière des régimes s’améliorera, nous nous attendons à ce que de nombreux répondants de régimes cherchent à réduire leur exposition au risque en augmentant la proportion de titres à revenu fixe ou en transférant certains éléments de passif par une opération de souscription de rentes. Les promoteurs désireux de réduire les risques liés à leurs régimes devraient établir dès maintenant une stratégie détaillée et cibler les occasions qui se présentent de manière à pouvoir agir rapidement au moment opportun.

Quant aux particuliers, ils ne doivent pas perdre de vue l’incidence que pourra avoir la volatilité des marchés pour ceux d’entre eux qui participent à des régimes à cotisations déterminées, plus particulièrement les personnes proches de la retraite.

DU POINT DE VUE DES PLACEMENTS

Les experts ont été pris de cours par les résultats du vote du Brexit favorisant un départ du R.-U. de l’Union européenne; cela s’est traduit par un fort mouvement de vente des actifs risqués, la livre sterling du R.-U. et les actions européennes ayant enregistré le repli le plus important – particulièrement le secteur bancaire européen, toujours fragile. Les actifs offrant un refuge, par exemple les bons du Trésor américains et l’or, ont été fortement poussés à la hausse vendredi une fois les résultats du référendum connus. La vente des titres a repris de plus belle lundi, à mesure que les marchés boursiers mondiaux poursuivaient leur chute, entraînant dans leur sillage la livre et le pétrole, à mesure que les investisseurs s’ajustent au nouvel environnement de risque et évaluent les incidences économiques et la possibilité d’une « contagion » politique.

Nonobstant la « panique » de la fin du trimestre, un portefeuille équilibré type d’un régime de retraite aurait produit un rendement de -0,6 % au deuxième trimestre de 2016. Le tableau ci-contre présente le détail des rendements des marchés pour le trimestre.

« Pour le deuxième trimestre consécutif, les actions canadiennes ont été la grande catégorie d’actions ayant affiché le meilleur rendement, soit 2,1 % au cours du trimestre », déclare Sébastien Naud, chef du bureau de Québec et conseiller principal en Investissements. « Les matériaux viennent en tête de liste des bonnes performances avec un rendement de 24,2 %, le prix des produits de base ayant rebondi de 11,1 % et l’or ayant enregistré une remontée en flèche à la suite du vote du Brexit ». Malgré les ventes massives des titres pétroliers à la fin du trimestre, le secteur de l’énergie a enregistré une hausse de 4,6 % au cours du trimestre. À l’opposé, le secteur des soins de santé a poursuivi sa chute (-19,1 %), principalement en raison de la pharmaceutique Valeant.

La performance des actions américaines a été légèrement à la baisse (-2,4 %) : en dollars canadiens, les investisseurs canadiens auraient enregistré une perte de -1,1 %, en raison de la force de la devise américaine à la suite du vote du Brexit. Le dollar canadien s’est apprécié de 7,9 % par rapport à la livre sterling et de 2,5 % par rapport à l’Euro, principalement dans la foulée des résultats du vote du Brexit. La performance des actions internationales a été décevante, l'indice MSCI EAEO procurant un rendement de -5,3 % en monnaie locale et de -5,4 % en dollars canadiens. Les marchés émergents ont également offert une performance décevante, avec un rendement négatif en monnaie locale de -2,4 % et de -2,9 % une fois converti en dollars canadiens.

La courbe des rendements à échéance au Canada a profité du plus faible appétit des investisseurs pour le risque et s’est légèrement aplanie avec un resserrement de 24 points de base des obligations à long terme, alors que les rendements des obligations à court et à moyen termes chutaient de 17 points de base et de 11 points de base respectivement par rapport aux rendements enregistrés à la fin de premier trimestre. 

La Banque du Canada a maintenu son taux cible de financement à un jour à 0,5 % à la suite de la réunion du mois de mai. La Réserve fédérale américaine a décidé de maintenir son taux d’intérêt de référence entre 0,25 et 0,50. En réaction au vote en faveur de quitter l’Union européenne, la Banque d’Angleterre et la Banque centrale européenne (BCE) se sont engagées à maintenir leur soutien monétaire. Ce résultat a certainement incité la Réserve fédérale américaine à rester sur ses positions, c’est-à-dire appuyer des taux d’intérêt à l’échelle mondiale plus faibles pendant une période de temps prolongée.

 

INDICE DE SANTÉ FINANCIÉRE MERCER


L’indice Mercer sur la santé financière des régimes de retraite indique le ratio actif-engagements d’un régime de retraite modèle. Le ratio a été établi de façon arbitraire à 100 % au début de la période. Le nouvel indice tient compte du coût au titre des services courants et des paiements spéciaux de solvabilité, mais pas des améliorations ayant pu être apportées au régime. Il suppose également que les évaluations sont déposées chaque année civile et que le déficit révélé dans chaque évaluation est provisionné sur une base mensuelle au cours des cinq années subséquentes.

Actif : portefeuille indiciel. Composition du portefeuille : 42,5 % du rendement total de l’indice obligataire universel FTSE TMX; 25 % du rendement total de l’indice composé S&P/TSX; 15 % du rendement total de l’indice S&P 500 (en $ CAN); 15 % du rendement total de l’indice MSCI EAEO (en $ CAN); 2,5 % du rendement total de l’indice des bons du Trésor 91 jours FTSE TMX.

Passif : 50 % de participants actifs, 50 % de retraités. Pour les participants actifs, on suppose que le règlement s’effectue à 60 % au moyen de sommes globales établies selon les normes de l’Institut canadien des actuaires (ICA) sur les valeurs de transfert, sans tenir compte du délai d’un mois, et à 40 % par la souscription d’une rente; pour les retraités, on suppose qu’il s’effectue par la souscription d’une rente. L’estimation du coût des rentes s’appuie sur les conseils de l’ICA sur les blocs de contrats types de durée moyenne. Les résultats varient selon le régime de retraite.

 

AU SUJET DE MERCER

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