LES OBLIGATIONS AU TITRE DES RÉGIMES À PRESTATIONS DÉTERMINÉES ATTEIGNENT DE NOUVEAUX SOMMETS ET LA PRESSION S’INTENSIFIE SUR LES ÉTATS FINANCIERS EN RAISON DE LA FAIBLESSE JAMAIS VUE DES TAUX D’INTÉRÊT

Le 2 janvier 2020

Canada, Montréal

 

Les promoteurs de régimes de retraite constateront dans leur bilan une augmentation de leur obligation au titre des prestations déterminées (PD) de près de 15 % au courant de l’année, en raison de la faiblesse jamais vue des taux d’intérêt et de l’aplatissement de la courbe des taux en 2019.

 

Au Canada, le niveau de solvabilité des régimes de retraite PD a augmenté au quatrième trimestre de 2019. L’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite, qui mesure le degré de solvabilité d’un régime de retraite hypothétique, a augmenté pour s’établir à 112 % le 31 décembre, ce qui constitue une hausse par rapport au taux de 105 % obtenu à la fin du troisième trimestre ainsi qu’au taux de 102 % obtenu au début de l’année. Le ratio de solvabilité médian des régimes de retraite des clients de Mercer était de 98 % au 31 décembre, en hausse par rapport au ratio de 94 % enregistré le 30 septembre et à celui de 93 % à la fin de 2018.

 

 

Le rendement positif du marché des actions tout au long de 2019 a permis aux régimes de retraite PD types de connaître une très bonne année, malgré les taux de rendement à échéance des obligations à long terme les plus faibles en plus de 60 ans.

 

« Les régimes PD qui investissent massivement dans les actions peuvent encore une fois dire merci aux marchés de les avoir sauvés d’une année qui aurait pu être catastrophique », souligne F. Hubert Tremblay, conseiller principal au sein du domaine Avoirs de Mercer Canada.

 

Même si les niveaux de capitalisation sur base de solvabilité ont continué de s’améliorer au quatrième trimestre, les obligations au titre des PD présentées dans les états financiers des organisations ont augmenté en raison des taux d’intérêt les plus bas jamais vus et des faibles écarts de taux des obligations de sociétés de haute qualité. « Il est possible qu’une hausse de 15 % des obligations dans le bilan des organisations au courant de l’année attire l’attention des directeurs financiers et des investisseurs sur les passifs accumulés des régimes PD, élément auquel ils ne se seraient peut-être pas autrement attardés », indique M. Tremblay.

 

Le bon côté de la chose, c’est que le transfert de l’obligation à un assureur devient soudainement une possibilité de plus en plus intéressante pour certains promoteurs de régimes. L’écart entre, d’une part, le coût du règlement des obligations au titre des PD au moyen de la souscription de rentes viagères et, d’autre part, les obligations au titre des PD rapportées au bilan, s’est rétréci. Ainsi, les conséquences financières sont présentement beaucoup moins lourdes dans les états financiers lors d’une transaction de souscription des rentes. De nombreux promoteurs de régimes considéraient jusqu’à maintenant que ces conséquences financières constituaient une barrière au transfert de risque. M. Tremblay affirme d’ailleurs avoir « constaté que leur intérêt pour la souscription de rentes a grimpé en flèche dans le contexte courant ».

 

Le transfert de risque peut être une solution pour réduire l’obligation au titre des PD, sauf que cette solution ne convient pas à tous les promoteurs de régimes. Certains cherchent d’autres moyens de gérer la volatilité des actifs des régimes PD et d’optimiser les rendements en cette période de grande faiblesse des taux d’intérêt, d’inversion de la courbe de taux et d’incertitude sur les marchés des actions. Nous constatons ainsi une augmentation du recours aux catégories d’actifs non traditionnels ainsi qu’un mouvement vers les marchés privés au détriment des marchés publics.

 

« Les promoteurs de régimes canadiens peuvent s’inspirer de l’Europe et d’autres pays qui ne connaissent que trop bien cette conjoncture de faibles taux d’intérêt ou de taux négatifs », poursuit M. Tremblay. « Dans ces pays, la demande pour des catégories d’actifs non traditionnels et l’accès à celles-ci s’est accrue, à l’instar de ce qui se passe au Canada. »

 

Du point de vue des placements

 

Un portefeuille équilibré type d’un régime de retraite aurait produit un rendement de 2,3 % au quatrième trimestre de 2019. Les marchés des actions ont poursuivi leur ascension dans toutes les régions alors que les obligations canadiennes ont connu une légère baisse.

 

Les rendements des actions canadiennes ont été positifs au cours du quatrième trimestre. L’indice composé S&P/TSX a gagné 3,2 %. Sept des onze secteurs ont affiché des rendements positifs, les technologies de l’information arrivant en tête, alors que la santé a traîné en queue de peloton.

 

Les marchés des titres canadiens à revenu fixe ont chuté dans ce contexte de hausse des taux de rendement. Les obligations à rendement réel ont subi la perte la plus marquée (-2,0 %), alors que le rendement des obligations à long terme (-1,9 %) a été inférieur à celui des obligations universelles (-0,9 %).

 

Le marché des actions américaines a dégagé un rendement de 9,1 % en dollars américains (6,8 % en dollars canadiens). Les actions des marchés développés ont aussi été à la hausse, l’indice MSCI Monde ayant progressé de 7,6 % en monnaie locale (6,4 % en dollars canadiens). Les marchés émergents ont affiché un rendement de 9,6 % en monnaie locale et en dollars canadiens.

 

« À la fin de 2019, les investisseurs ont poussé un soupir de soulagement, tout en demeurant sur leurs gardes », souligne Jean-Pierre Talon, membre du partenariat de Mercer Canada. « Même si les principaux indices boursiers ont atteint des niveaux records au cours de l’année, les préoccupations concernant les risques géopolitiques, le ralentissement de la croissance économique et la politique monétaire incertaine seront toujours présentes en 2020. »

 

La Banque du Canada a maintenu son taux cible du financement à un jour à 1,75 %, tandis que la Réserve fédérale américaine a diminué de 25 points de base son taux d’intérêt cible, le faisant passer à 1,75 % au quatrième trimestre.

 

Indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite


 

L’indice Mercer de la santé financière des régimes de retraite indique le ratio actif-passif d’un régime de retraite modèle. Le ratio a été établi de façon arbitraire à 100 % au début de la période. Le nouvel indice tient compte du coût au titre des services courants et des paiements spéciaux de solvabilité, mais pas des améliorations ayant pu être apportées au régime. Il suppose également que les évaluations sont déposées chaque année civile et que le déficit révélé dans chaque évaluation est financé sur une base mensuelle au cours des cinq années subséquentes.

 

Actif : portefeuille indiciel. Répartition de l’actif jusqu’au 31 décembre 2016 : indice obligataire universel de rendement total FTSE TMX, 42,5 %; indice composé S&P/TSX, 25 %; indice S&P 500 (en $ CA), 15 %; indice MSCI EAEO (en $ CA), 15 %; indice des bons du Trésor à 91 jours FTSE TMX, 2,5 %. Répartition de l’actif à compter du 1er janvier 2017 : indice obligataire à long terme de rendement total FTSE TMX, 42,5 %; indice composé S&P/TSX, 15 %; indice MSCI Monde (en $ CA), 40 %; indice des bons du Trésor à 91 jours FTSE TMX, 2,5 %.

 

Passif : 50 % de participants actifs, 50 % de retraités. Pour les participants actifs, on suppose que le règlement s’effectue à 60 % sous forme d’un montant forfaitaire représentant la valeur actualisée de la rente selon les normes de l’Institut canadien des actuaires (ICA) sur la valeur actualisée d’une rente, sans tenir compte du délai d’un mois, et à 40 % par la souscription d’une rente. Pour les retraités, on suppose qu’il s’effectue par la souscription d’une rente. L’estimation du coût des rentes s’appuie sur le matériel d’orientation de l’ICA sur les blocs de contrats types de durée moyenne. Les résultats varient selon le régime de retraite.

 

Le ratio de solvabilité médian des régimes de retraite des clients de Mercer est calculé en fonction de prévisions tirées des données de la base de données des clients de Mercer. Les données et la méthode d’établissement des prévisions ont été revues rétroactivement au 30 septembre 2019. L’effet approximatif des changements apportés aux données et à la méthode s’est traduit par une réduction d’environ 2 % du ratio de solvabilité médian.

 


À PROPOS DE MERCER
Mercer offre des services-conseils et des solutions axées sur la technologie qui aident les organisations à répondre aux besoins changeants de leur main-d’œuvre dans les domaines Santé, Avoirs et Carrière. La Société compte plus de 25 000 employés répartis dans 44 pays et elle exerce ses activités dans plus de 130 pays. Mercer est une société de Marsh & McLennan Companies (symbole MMC à la Bourse de New York), chef de file mondial en services professionnels dans les domaines du risque, de la stratégie et du capital humain, qui compte 76 000 employés et dont le chiffre d’affaires annualisé s’élève à près de 17 milliards de dollars. Par l’entremise de ses sociétés-conseils de premier ordre, soit MarshGuy Carpenter et Oliver Wyman, Marsh & McLennan aide ses clients à naviguer dans un environnement de plus en plus dynamique et complexe. Pour obtenir de plus amples renseignements, consultez le site www.mercer.ca. Suivez Mercer sur Twitter @MercerCanada. 

 

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