Mercer Canada | Consumérisme et coûts des avantages sociaux

Mercer Canada | Consumérisme et coûts des avantages sociaux

Le temps du consumérisme est-il venu pour les employés?

Auteur : Brian Lindenberg

J’ai eu récemment une discussion très intéressante avec un employeur et client sur les raisons pour lesquelles le mouvement du consumérisme des employés ne s’était pas vraiment répandu au Canada. Était-ce parce que le temps n’était pas encore venu, ou plutôt parce que la dynamique du marché canadien des avantages sociaux ne s’y prête tout simplement pas?

Il faut d’abord s’entendre sur ce que l’on veut dire par « consumérisme des employés ». Fondamentalement, il s’agit de renseigner les employés sur les moyens de faire une utilisation optimale de leurs programmes d’avantages sociaux. Jusqu’à maintenant, on s’est surtout attardé à aider les employés à comprendre les façons d’utiliser leurs programmes de la manière qui réduit le plus possible les coûts pour eux et pour le promoteur des régimes.

Ainsi, plusieurs promoteurs de régimes ont communiqué de l’information aux employés sur les frais d’exécution des ordonnances, notamment sur le fait qu’ils varient selon les pharmacies et qu’on peut faire des économies en « magasinant » sa pharmacie. Mais depuis quelque temps, on envisage le concept de consumérisme des employés dans une optique de santé beaucoup plus large : on parle maintenant de la façon dont les employés peuvent réduire leur dépendance aux régimes d’avantages sociaux en gérant mieux leur santé. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne continue pas de diffuser des conseils sur l’utilisation judicieuse des régimes, par exemple en privilégiant les médicaments génériques plutôt que les médicaments d’origine.

Comment expliquer, alors, que les promoteurs de régimes n’aient pas prêté plus d’attention au consumérisme des employés? Les raisons sont nombreuses, et il ne faudrait surtout pas négliger la résistance au changement. J’avancerais également que les conséquences n’ont pas encore été assez néfastes pour les promoteurs de régimes ni les employés. Les coûts ont augmenté, mais les promoteurs ont été capables de les absorber ou de recourir à d’autres mécanismes pour les contrôler, par exemple en profitant de la concurrence sur le marché de l’assurance.

Les employés, eux, ne considèrent pas nécessairement les avantages que procurent de meilleures habitudes de consommation comme assez importants pour justifier des changements de comportement. De leur point de vue, ils n’ont pas beaucoup à gagner, sur le plan pécuniaire, à faire l’effort de changer leurs habitudes, s’ils profitent d’un programme qui rembourse la plus grande partie des frais.

Bref, la conjoncture n’a guère été propice aux stratégies axées sur le consumérisme.

Je crois toutefois que la dynamique du marché est en train de changer et que les promoteurs de régimes auraient tout avantage à remettre le consumérisme des employés à leur ordre du jour.
Parmi les changements qui interviennent actuellement, mentionnons les suivants : 

1. Augmentation des risques et des coûts :
Les risques assumés par les régimes d’avantages sociaux et les coûts connexes sont en hausse. Les coûts ont augmenté de façon modeste pendant un certain temps. Toutefois, de nombreux facteurs laissent présager le retour à d’importantes augmentations annuelles des coûts. Le marché de l’assurance semble aussi être déterminé à continuer d’augmenter ses coûts. Les organisations peuvent prendre différentes mesures pour gérer cette situation. Ils peuvent notamment veiller à un plus grand partage des risques et des coûts avec les employés. Les promoteurs de régimes qui adoptent cette mesure devraient aider les employés à comprendre de quelle manière ceux-ci peuvent gérer leurs propres risques et coûts.

2. Accès à plus d’information et responsabilisation accrue :
Ce ne sont pas les renseignements sur la santé qui manquent. De nos jours, les gens peuvent accéder à de l’information générale sur Internet ou obtenir des données précises sur leur santé grâce à la technologie prêt-à-porter ou à des tests génétiques, ce qui les aide grandement à prendre leur santé en main et, au bout du compte, à utiliser le système de santé de manière plus responsable.

3. Occasions plus nombreuses :
Les investissements dans le domaine de la santé sont en plein essor, tel qu’en font foi l’introduction régulière de nouvelles technologies sur le marché et l’arrivée de nouveaux fournisseurs de services qui mettent l’accent sur les besoins des particuliers et sur la façon de les aider à mieux gérer leur santé. Les gens n’ont jamais eu autant d’occasions de devenir des consommateurs plus avertis en matière de soins de santé. Bien que ce nouveau contexte soit des plus intéressants, il présente aussi d’importants défis, et les gens auront besoin d’aide pour prendre des décisions judicieuses.

4. Changements globaux apportés au système :
Il est difficile de prédire comment évoluera le système de soins de santé du Canada. Alors que les préoccupations entourant l’abordabilité des soins continuent de croître, les Canadiens devront probablement payer une plus grande partie des dépenses de soins de santé. Il est clair qu’à court terme, on met de plus en plus l’accent sur la responsabilité individuelle en matière de santé. Ces changements globaux s’inscrivent bien dans le message de consumérisme.

Si, comme moi, vous êtes d’avis qu’il est temps de revoir la façon dont les employeurs peuvent mettre en œuvre une stratégie axée sur le consumérisme dans le cadre de leur programme d’avantages sociaux, prenez note des mesures suivantes qui amélioreront leurs chances de succès :

  • Établissement d’objectifs : Peu importe le type de stratégie que met en place un employeur, celle-ci doit comporter un objectif clair. Dans le contexte du consumérisme, quel objectif poursuit-on?
  • Dispositions du régime : Comme il a été mentionné plus tôt, dans le cadre de plusieurs programmes, les employés n’ont pas beaucoup à gagner à faire l’effort de changer leurs habitudes de consommation. Si les promoteurs souhaitent que les employés prêtent attention à leur stratégie de consumérisme, il est important que ces derniers puissent en tirer un avantage pécuniaire.
  • Compréhension du programme d’avantages sociaux : Le consumérisme vise essentiellement à éduquer les consommateurs afin que ceux-ci aient toute l’information dont ils ont besoin pour faire des choix éclairés. Mais bien souvent, c’est le fonctionnement même du régime qui n’est pas bien compris. Trop souvent, ils sont sous l’impression qu’ils bénéficient d’une assurance et ignorent comment leurs décisions personnelles peuvent, au bout du compte, avoir une incidence sur le coût de leurs protections. Le fait de rappeler certaines notions de base aux employés sur leur programme d’avantages sociaux peut aider à renforcer le message du consumérisme.
  • Nouveaux fournisseurs : Il existe énormément d’occasions de faire équipe avec de nouveaux fournisseurs qui cherchent à aider tant les employeurs que les employés à mieux gérer la santé. Les assureurs continueront de jouer un rôle essentiel pour ce qui est du traitement des demandes de règlement et de la gestion des coûts, mais ces nouveaux fournisseurs favoriseront une meilleure gestion de la santé.
  • Réseaux de fournisseurs privilégiés : Une stratégie axée sur le consumérisme s’harmonise bien avec la mise en place et l’utilisation de réseaux de fournisseurs privilégiés. Pour les employeurs qui comptent demander à leurs employés d’utiliser une telle stratégie, il est important de leur expliquer les avantages dont ils bénéficieront s’ils utilisent un réseau de fournisseurs privilégiés ainsi que les conséquences auxquelles ils feront face s’ils décident de ne pas le faire. 

Le temps est propice à l’adoption d’une stratégie axée sur le consumérisme des employés : les occasions n’ont jamais été aussi favorables. La mise en œuvre de cette stratégie nécessitera toutefois beaucoup d’efforts, car les changements d’habitudes ne se font pas sans peine, surtout lorsque le statu quo semble constituer une solution bien plus facile pour la plupart. Mais les signes sont clairs : l’heure est bel et bien au changement et l’on ressent de plus en plus l’importance de responsabiliser davantage les employés pour les inciter non seulement à mieux utiliser leurs programmes d’avantages sociaux, mais aussi à mieux comprendre et à mieux gérer leur santé.

Brian Lindenberg est membre principal du partenariat et responsable du domaine Santé et avantages sociaux chez Mercer Canada. Il compte plus de 30 années d’expérience dans le domaine des avantages sociaux.

Le présent article a été publié initialement sur le site www.benefitscanada.com, le 12 avril 2016.

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