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Changements aux régimes d’avantages sociaux

Les régimes d’avantages sociaux :
cinq bonnes raisons d’y apporter des changements

Auteur : Brian Lindenberg

Les régimes d’avantages sociaux ont très peu changé au cours des quelques dernières décennies. Certes, quelques petites modifications ont été apportées au fil des ans, mais les dispositions fondamentales des régimes sont demeurées inchangées.

Malgré les innovations récentes en matière de gestion des régimes, la plus grande flexibilité des régimes et l’amélioration considérable de l’expérience des employés, les protections prévues par les régimes d’avantages sociaux ont été, à bien des égards, d’une constance remarquable au fil des ans. Les protections sont encore et toujours définies en tenant compte du contexte relativement restreint de l’assurance vie, de l’assurance invalidité, des soins médicaux et des soins dentaires.

Le fait que peu de changements ont été apportés jusqu’à présent signifie-t-il que nous n’avons pas besoin de nous remettre en question après toutes ces années?

Selon moi, il est grand temps d’apporter des changements aux régimes d’avantages sociaux, et ce, même si ceux-ci ont résisté à l’épreuve du temps. Il est vrai que ces régimes ont offert, au fil du temps, des protections adéquates aux employés assurés et aux personnes à leur charge. En outre, du point de vue organisationnel, ces régimes ont été généralement abordables (bien qu’ils n’aient pas su taire les inquiétudes relatives à l’augmentation des coûts au fil du temps).

Il est vrai aussi que « protections adéquates » et « coûts abordables » ne sont pas des expressions synonymes de changement. Toutefois, pour ceux qui croient que l’avenir sera très différent du présent, le changement est nécessaire. Le statu quo est loin d’être la bonne solution.

Selon moi, il est essentiel d’apporter des changements aux régimes pour plusieurs raisons, dont les suivantes :

1. Les risques de demain différeront de ceux d’aujourd’hui et seront plus importants
Un régime d’avantages sociaux est essentiellement un programme qui permet aux employeurs de gérer et de financer plusieurs risques différents (p. ex. risques liés à la santé de l’entreprise et à celle des employés, risques associés à l’emploi, risques d’atteinte à la réputation et risques liés à la conformité). Et ces risques prennent de plus en plus d’ampleur. Notons à titre d’exemple que les dispositions des régimes d’avantages sociaux n’avaient jamais vraiment prévu le règlement de frais de médicaments onéreux.

2. Une proposition de valeur en évolution
De plus en plus, les employés et les employeurs sont à l’origine d’une nouvelle proposition de valeur, qui n’est plus mesurée en décennies de service, mais plutôt en quelques mois ou en quelques années. En outre, les emplois contractuels sont en train de devenir la norme : on prévoit qu’au cours des 10 ou 20 prochaines années, une proportion importante de la main-d’œuvre sera constituée d’employés contractuels.

Le sondage 2015 Inside Employees’ Minds (Dans la tête des employés) publié récemment par Mercer révèle que 35 % de tous les employés songent sérieusement à quitter leur emploi à l’heure actuelle, malgré le fait que bon nombre d’entre eux sont satisfaits de leur organisation, des occasions de carrière et de la proposition de valeur globale qui leur est offerte. Pour diverses raisons, les avantages sociaux ne sont pas toujours importants. Et il est clair que les avantages qui procurent une stabilité financière à long terme (comme l’assurance invalidité) ne cadrent pas bien avec une main-d’œuvre qui se veut de plus en plus transitoire.

3. Des priorités changeantes en soins de santé
Le secteur de la technologie numérique en santé s’est développé de façon considérable. Pensons par exemple à la technologie prêt-à-porter, aux tests génétiques et à la médecine personnalisée qui met l’accent sur la modification du comportement et, au bout du compte, sur la prévention des blessures et des maladies. Malgré ces solutions novatrices, les régimes de soins de santé d’aujourd’hui continuent de mettre principalement l’accent sur le traitement plutôt que sur la gestion proactive de la santé.

4. Une main-d’œuvre de plus en plus diversifiée
La diversité de la main-d’œuvre fait en sorte que les points de vue sur les éléments importants d’un programme d’avantages sociaux diffèrent grandement. Par exemple, certaines cultures n’accordent pas d’importance à l’assurance vie. Il existe aussi plusieurs préférences générationnelles. Par exemple, certaines générations accordent plus d’importance à l’assurance invalidité qu’à la massothérapie et vice-versa. Nous essayons de résoudre les difficultés liées à la diversité en introduisant des concepts tels les régimes d’avantages sociaux flexibles; toutefois la plupart de ces régimes ne répondent pas à tous les besoins.

5. Le pouvoir grandissant de l’individu
La structure des régimes d’avantages sociaux repose dans une certaine mesure sur la prémisse que les besoins collectifs sont plus importants que les besoins individuels (c’est-à-dire que grâce à la mise en commun efficace des risques, les coûts d’un régime collectif demeureront abordables). Cela suppose un achat en bloc sous une forme raisonnablement homogène et cohérente dans le but de réduire les coûts d’administration. Toutefois, les gens sont de plus en plus portés à acheter des produits et des services personnalisés qui répondent à leurs besoins spécifiques d’une façon qui leur convient.

Tous ces motifs démontrent bien qu’il est temps de changer les régimes d’avantages sociaux.

Nous devons nous pencher sur l’offre de protections conçues en tenant compte des risques émergents. Par exemple, pourquoi couvrons-nous toujours les coûts des médicaments pour maladies chroniques qui sont abordables pour la plupart des gens alors que nous limitons la couverture des médicaments onéreux qui pourraient considérablement améliorer la qualité de vie des gens se retrouvant dans une situation précaire?

Par ailleurs, devrions-nous continuer d’offrir l’assurance de remplacement de revenu à long terme en cas d’invalidité aux employés qui ne s’engagent pas à long terme auprès de leur employeur? Compte tenu de l’évolution du monde du travail qui tend de plus en plus vers les emplois contractuels et à court terme, l’offre de régimes d’avantages sociaux par l’employeur n’est peut-être plus pertinente. Il pourrait être suffisant de faciliter l’accès à des contrats d’assurance individuelle.

Il est temps de repenser certaines croyances de longue date au sujet des régimes d’avantages sociaux. Il est aussi temps de sortir de la zone de confort du « statu quo » et de comprendre les tendances profondes du marché qui façonneront les risques, les coûts ainsi que les besoins, les exigences et les attentes dans un avenir rapproché. Le temps est venu de laisser derrière nous les régimes d’avantages sociaux tels que nous les connaissons et de nous ouvrir aux possibilités de demain.

Make sure your careers engage and inspire your people to keep their eyes on the prizes inside your organization – before it’s too late.

Brian Lindenberg est membre principal du partenariat et responsable du domaine Santé et avantages sociaux chez Mercer Canada. Il compte plus de 30 années d’expérience dans le domaine des avantages sociaux.

Le présent article a été publié initialement sur le site www.benefitscanada.com, le 24 février 2016. 

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