Avant-propos

Bienvenue à ce numéro du bulletin électronique de Mercer Gestion Privée : Optimiste!

Comme l’indique le titre de notre bulletin, nous croyons qu’il est important d’être optimiste. Winston Churchill disait : « un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté ». Cela dit, nous vivons à une époque où même essayer d’être optimiste s’avère difficile.

Alors que nous écrivons ces lignes, les attaques incessantes de la Russie contre l’Ukraine se poursuivent et la pandémie de COVID-19 qui s’est déclarée il y a maintenant deux ans sévit toujours. Nous sommes de tout coeur avec ceux qui ont souffert et qui ont perdu des êtres chers en conséquence de cette pandémie et de ce conflit. Les périodes de crise nous conduisent à une profonde remise en question de nos idées reçues et nous invitent à réfléchir au fonctionnement de nos sociétés.

Des sujets tels que l’équilibre des pouvoirs entre les alliés de l’OTAN, la Russie et la Chine, ou notre dépendance à l’égard du pétrole brut ont fait l’objet de nombreuses discussions dans les médias au cours des dernières semaines. Les récentes sanctions contre la Russie témoignent de la faiblesse relative de l’Occident, compte tenu de la politique de démilitarisation des 20 dernières années en Europe et de l’abandon de l’énergie nucléaire et des énergies fossiles. La situation difficile dans laquelle nous nous trouvons actuellement, étant à la merci d’États dont les valeurs ne correspondent pas toujours à celles de l’Occident et incapables de prendre des mesures à leur égard sans interrompre le flux d’énergie, nous pousse à adopter une approche plus pragmatique et nuancée en ce qui concerne notre dépendance énergétique et militaire tout en réfléchissant à ce qui constitue l’intérêt supérieur de l’humanité.

Nous avons continué, presque sans relâche, à prendre des mesures pour mettre en oeuvre les objectifs en matière d’investissement durable, ou d’investissement environnemental, social et de gouvernance (ESG). Toutefois, le récent conflit géopolitique a amené même les plus ardents partisans de l’investissement durable à revoir leur position.

Created with Sketch.
Un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté.

- Winston Churchill
Created with Sketch.


Un très grand nombre d’entreprises ont décidé de mettre fin à leurs activités en Russie, ce qui peut être considéré comme un point positif en termes de facteurs de gouvernance spécifiquement. Toutefois, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a relégué l’investissement ESG au second plan, le sujet de la sécurité énergétique ayant éclipsé celui de l’intensité du carbone. Depuis l’invasion, les gouvernements occidentaux ont manifesté leur volonté d’accélérer la transition vers des sources d’énergie renouvelable en vue d’atteindre l’indépendance énergétique. Bien que ces mêmes gouvernements aient interrompu leurs efforts de réduction des émissions à court terme, des pays comme les États‑Unis et le Canada cherchent à accroître la production de leurs industries nationales, en s’appuyant notamment sur la fracturation hydraulique. En raison de la forte corrélation entre la croissance du PIB et la consommation d’énergie, le fait de vouloir favoriser les sources d’énergie renouvelable pour réduire notre dépendance aux combustibles fossiles (en particulier ceux des pays dont le bilan en matière de droits de la personne est mauvais) tout en ayant besoin de consommer ce même type d’énergie pour éviter de tomber en récession constitue une contradiction évidente.

Les alliés de l’OTAN ont également réalisé qu’ils ne pourront plus compter sur un soutien militaire total des États‑Unis. Cela a entraîné une résurgence des dépenses militaires, certains pays tentant de modifier leur discours concernant leurs stocks de défense et leur inclusion dans les objectifs ESG. Bien que le secteur militaire ait généralement été décrié par les investisseurs en matière d’ESG, de nombreux défenseurs du mieux-être social considèrent l’investissement dans ce secteur comme un impératif moral dans le contexte actuel.

Les événements actuels ont poussé les investisseurs à réévaluer où et comment répartir leur capital. Quelle est la finalité de l’investissement ESG? Compte tenu de l’engagement à l’égard de la carboneutralité d’ici 2050, dans quelle mesure le dogme du contrôle des changements climatiques peut-il être flexible à court terme? Quel poids la société donnera-t-elle à chacune des priorités en matière d’investissement socialement responsable? Compte tenu du contexte géopolitique actuel, nous avons pensé qu’il serait utile d’examiner de plus près les facteurs ESG.

Steve Sebag,
Conseiller, Gestion de fortune



 

Contact us