Investir dans un avenir meilleur

Au cours de la dernière décennie, la sensibilisation du public à des questions telles que l’inégalité sociale, les changements climatiques et la malversation des entreprises a placé l’investissement responsable au coeur des discussions avec les clients. Les gestionnaires d’actifs cherchent maintenant à intégrer les considérations environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) dans leur processus de placement, en tant que facteur de risque et, par conséquent, de rendement.

Les actifs ESG ont connu une forte popularité et sont actuellement en voie de dépasser 50 billions de dollars d’ici 2025, ce qui représente plus d’un tiers des 140,5 billions de dollars d’actifs mondiaux sous gestion prévus, selon le dernier rapport de Bloomberg Intelligence, ESG 2021 Midyear Outlook. Le nombre croissant des signataires des Principes pour l’investissement responsable de l’ONU témoigne de cette popularité grandissante. Ces signataires représentaient plus de 80 billions de dollars en 2018 – soit l’équivalent des actifs gérés par le secteur mondial de la gestion d’actifs – comparativement à environ 12 billions de dollars dix ans plus tôt1.

L’investissement responsable (IR) est né dans les années 1960 et se distingue de l’investissement éthique axé sur des normes, une philosophie de placement qui date des années 1800. Cette approche, guidée par des valeurs morales, des codes d’éthique ou des croyances religieuses, exclut les investissements dans certains secteurs tels que ceux des biens dérivés de l’esclavage, des armes à feu, de la pornographie, du tabac et de l’alcool2. L’IR a porté de nombreux noms au cours des dernières années (l’investissement vert, l’investissement éthique, etc.), mais aujourd’hui, on parle le plus souvent d’« investissement ESG ». L’investissement ESG repose sur la mesure de la durabilité des occasions de placement au regard des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Les enjeux ESG sont souvent interreliés et peuvent être classés dans plus d’une catégorie. En général, tout ce qui a trait au changement climatique ou à l’environnement relève des facteurs environnementaux (« E »); les questions liées à la santé, la sécurité et au travail relèvent des facteurs sociaux (« S »); et les sujets liés à la structure du conseil d’administration ou aux droits des actionnaires relèvent des facteurs de gouvernance (« G »).

Facteurs environnementaux

  • Changements climatiques
  • Efficacité énergétique
  • Déchets et pollution
  • Rareté de l’eau et des ressources

Facteurs sociaux

  • Santé et sécurité
  • Préoccupations des actionnaires
  • Données démographiques
  • Main-d’oeuvre et sa disponibilité

Gouvernance d’entreprise

  • Qualité d’audit
  • Structure du conseil
  • Rémunération
  • Droits des actionnaires


Qu’est-ce qui stimule la croissance de l’investissement ESG?


Les investissements dans les fonds durables ont plus que doublé en 2020 par rapport à 2019, atteignant un sommet record de 51 milliards de dollars selon Morningstar3, la plupart des flux dans les fonds étant destinés aux fonds négociés en bourse (FNB). Les FNB ESG mondiaux représentent aujourd’hui plus de 150 milliards de dollars d’actifs sous gestion, contre 6 milliards de dollars en 2015, soit une augmentation de 25 fois4. Malgré cette croissance considérable, les FNB ESG ne représentent encore qu’environ 5 % de l’ensemble de l’univers des FNB. Toutefois, les flux de capitaux futurs prévus vers ces fonds montrent que l’investissement ESG n’est pas qu’un engouement passager et qu’ils auront une incidence sur la perception des placements à l’avenir.

Bien que de nombreux facteurs aient contribué à la sensibilisation globale de la société aux enjeux ESG, il existe trois principaux moteurs de l’investissement ESG :



1. Modification de la réglementation mondiale


L’environnement réglementaire mondial évolue rapidement, de nombreux pays ajoutant des exigences ESG dans leur réglementation. Par exemple, en mars 2021, l’Union européenne a publié le règlement sur la divulgation de la finance durable, qui comprend des définitions et des exigences minimales concernant les placements ayant des objectifs environnementaux et sociaux variés. Ce règlement s’appuie sur les travaux du Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (GIFCC) qui a été mis sur pied pour fournir un cadre aux entreprises, aux gestionnaires d’actifs et aux propriétaires d’actifs afin d’accroître la divulgation des risques systémiques, y compris les changements climatiques. Les gouvernements et les organismes de réglementation du monde entier adoptent les recommandations du GIFCC dans le but d’améliorer la gouvernance climatique et la communication d’informations par les entreprises et leurs investisseurs5. De plus, les gouvernements et les entreprises se sont engagés à atteindre la carboneutralité d’ici 2050 au plus tard. Un tel développement impliquerait une transformation économique qui toucherait tous les pays et toutes les industries.

Bien que, jusqu’à présent, les changements climatiques soient l’enjeu qui a suscité le plus d’intérêt, les autres enjeux sociaux et de gouvernance font l’objet de plus en plus d’attention. En 2017, l’UE a adopté la directive révisée concernant les droits des actionnaires dont le but est de renforcer la position des actionnaires, de s’assurer que leurs décisions visent à promouvoir la stabilité à long terme de leur entreprise, d’augmenter leur participation et d’améliorer la gouvernance et la transparence des entreprises6.


Au Canada, en vertu des modifications apportées à la Loi canadienne sur les sociétés par actions, les administrateurs et les dirigeants des sociétés par actions auxquelles cette loi s’applique doivent désormais tenir compte non seulement des intérêts des actionnaires, mais aussi de toutes les parties prenantes dans leurs décisions. Ces modifications permettent également aux conseils d’administration des régimes de retraite d’intégrer des critères ESG dans les placements au titre du régime.

2. Investisseurs socialement responsables


Les progrès réalisés sur plusieurs fronts, incarnés notamment par la lutte contre le changement climatique, les mouvements sociétaux tels que #MoiAussi ou « Black Lives Matter », ont amené les individus à être plus conscients que jamais des inégalités sociales, de la crise environnementale et des problèmes de gouvernance. Les entreprises sont soumises à une pression soutenue les poussant à agir dans l’intérêt de la société dans son ensemble. En 1970, l’économiste Milton Friedman a popularisé la théorie de la maximisation de la richesse des actionnaires. Selon cette théorie, une entreprise est avant tout responsable d’un groupe – les actionnaires – et il est donc de son devoir de maximiser leurs rendements.

Au cours des dernières années, cette théorie a été remise en question. En effet, on reconnaît de plus en plus le rôle que les entreprises jouent dans la société au sens large et leur intérêt à établir des relations efficaces et responsables avec leurs employés et les collectivités dans lesquelles elles exercent leurs activités. C’est ainsi qu’est née la théorie des parties prenantes, selon laquelle une entreprise devrait créer de la valeur durable à long terme pour toutes les parties prenantes et non seulement générer des profits pour ses actionnaires. Elle met l’accent sur l’interdépendance des relations entre les entreprises et ses clients, ses fournisseurs, ses investisseurs et même la société7. La durabilité d’une entreprise au regard des facteurs ESG est très importante dans les marchés d’aujourd’hui, puisque les enjeux connexes sont maintenant largement reconnus comme des facteurs clés de la maximisation de la valeur à long terme.

3. Considérations relatives aux placements

Les recherches indiquent que les entreprises qui accordent une place importante aux facteurs ESG dans leurs décisions de gestion peuvent accroître leurs rendements en allouant des capitaux à des occasions de placement plus durables (énergies renouvelables, réduction des déchets, etc.)8. Une telle pratique peut également aider les entreprises à éviter des placements qui pourraient ne pas être profitables à long terme en raison d’enjeux environnementaux. On s’attend à ce que les nouvelles réglementations qui vont être adoptées prévoient de nouvelles contraintes pesant sur les secteurs à fortes émissions de carbone. Pour anticiper cela, les entreprises redéfinissent la répartition de leurs actifs dès aujourd’hui.

Il est généralement admis qu’une gouvernance d’entreprise solide permet d’atténuer les risques et est dans l’intérêt de toutes les parties prenantes. Une gouvernance solide favorise la responsabilisation et l’adoption d’une vision à long terme en assurant la transparence et en établissant un lien clair entre une forte création de valeur et la rémunération. En ce qui concerne les risques sociaux, les entreprises qui offrent des conditions de travail plus sûres et une meilleure rémunération à leurs employés sont susceptibles d’attirer et de retenir de meilleurs talents et de bénéficier d’une meilleure productivité de leur main-d’oeuvre. En outre, les entreprises respectueuses de l’environnement attirent non seulement plus de capitaux, mais sont soumises à un moindre risque de subir des dommages matériels résultant de leurs activités et d’être poursuivies pour des dommages environnementaux qu’elles auraient causés. C’est notamment ainsi que la prise en compte des facteurs ESG peut réduire les risques qui pèsent sur les entreprises tout en créant de la valeur pour elles et, par conséquent, leurs actionnaires.

Les entreprises qui accordent une grande importance aux facteurs ESG comprennent la relation entre l’entreprise, ses parties prenantes et la société en général. En outre, les entreprises devraient considérer la création de valeur durable à long terme comme leur objectif principal tout en faisant preuve de transparence dans la communication de l’information sur leur rendement ESG.
 

Facteurs de placements durables


Considérations relatives à la mise en oeuvre du portefeuille

L’intégration des facteurs ESG dans votre portefeuille personnel commence par la définition de vos valeurs et de vos convictions, ce qui peut ensuite inspirer votre énoncé de politique de placement. Les décisions de mise en oeuvre nécessitent une harmonisation entre vos objectifs (sont-ils généraux ou avez-vous des intérêts ciblés, comme les « technologies propres »?) et les approches spécifiques adoptées par les divers gestionnaires de portefeuille. Les gestionnaires de portefeuille utilisent généralement quatre approches pour incorporer les facteurs ESG à leur processus :

  1. Intégration des facteurs ESG : Processus d’inclusion de facteurs ESG généraux dans le processus décisionnel de placement pour la sélection des titres. Il s’agit d’une approche globale de l’analyse des placements dans laquelle les facteurs ESG et les facteurs financiers traditionnels sont évalués pour prendre des décisions de placement.
  2. Gérance : La démocratie actionnariale est un moyen de tirer parti de l’influence d’un gestionnaire de portefeuille sur les politiques d’une société par l’intermédiaire du vote par procuration ou d’un engagement direct auprès de sa direction ou de son conseil d’administration.
  3. Investissement : Affectation des fonds à des thèmes de développement durable ou à des investissements d’impact pour de nouvelles occasions.
  4. Filtrage : Le filtrage négatif est l’une des approches ESG les plus couramment utilisées. Il consiste à exclure des industries ou des entreprises particulières qui ne sont pas conformes à des convictions particulières (p. ex., les drogues, l’alcool, les armes). Par contre, le filtrage positif consiste à inclure des entreprises qui adhèrent à des convictions particulières.

Les approches fondées sur l’intégration des facteurs ESG et la gérance sont considérées comme plus actives par rapport aux approches axées sur le filtrage qui sont plus passives. L’actionnariat actif est un élément important de l’investissement durable, car il favorise l’engagement de la direction de l’entreprise de façon proactive et coopérative en vue d’atteindre les objectifs ESG. L’engagement est considéré comme une méthode plus efficace, car il élargit l’univers des options de placement en reconnaissant les entreprises qui font des progrès au chapitre des initiatives ESG plutôt que de se départir simplement des sociétés qui ne sont pas performantes sur ce plan. Les approches passives visent à reproduire un indice ou à utiliser un algorithme pour sélectionner les titres, ce qui est moins efficace que l’engagement pour faire progresser le rendement ESG au niveau de l’entreprise.

Un examen de l’univers mondial des FNB axés sur les facteurs ESG (FNB ESG) révèle que l’approche de filtrage (la plus simple) représente 44 % des options disponibles, tandis que l’approche d’intégration – par laquelle les gestionnaires recherchent les meilleures sociétés de leur catégorie – représente environ 41 % (un bon équilibre entre les approches active et passive). Toutefois, lorsque l’on tient compte de la taille de l’actif, les 24 plus importants FNB d’actions américaines adoptent l’approche d’intégration et représentent collectivement 25 milliards de dollars. Seulement 3 % des FNB ESG suivent une approche d’impact – en se concentrant sur les investissements qui proposent des solutions aux enjeux ESG –, ce qui reflète en partie la complexité et les ressources nécessaires pour suivre cette voie. Au cours des dernières années, toutefois, les produits d’investissement ont commencé à isoler des univers de titres publics liés à des impacts positifs en faisant explicitement référence aux Objectifs de développement durable des Nations Unies applicables – les 17 objectifs énumérés par les Nations Unies dont l’intention est de promouvoir la prospérité tout en protégeant la planète.

 

 

Au 31 décembre 2020
Source : MSCI ESG Research LLC (février 2021)

Cotation ESG


Aujourd’hui, le rendement des facteurs ESG est de plus en plus mesurable, ce qui permet aux agences de mieux évaluer la durabilité des entreprises et d’attribuer une cote ESG. Cette cote mesure l’exposition d’une entreprise aux questions ESG et sert de complément à l’analyse financière. Une meilleure cote ESG signifie qu’une entreprise gère son risque ESG plus efficacement que ses pairs. À l’inverse, une mauvaise cote ESG signifie simplement qu’une entreprise a une exposition élevée et non gérée à des risques ESG comparativement à ses pairs. Le système de cotation ESG le plus souvent cité est celui de MSCI, qui mesure le risque dans 10 catégories de domaines environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Chez Mercer, nous avons une équipe de chercheurs spécialistes des questions ESG qui travaillent aux côtés de notre équipe dévouée de recherche mondiale de gestionnaires de portefeuille et qui fournissent une évaluation approfondie des capacités d’un gestionnaire de portefeuille. Notre processus évalue les gestionnaires selon quatre critères :
 

  1. Production d’idées : Efforts déployés par les gestionnaires pour intégrer les facteurs ESG dans la sélection active des titres et leur capacité à le faire.
  2. Constitution du portefeuille : Effort d’intégration des facteurs ESG dans le cadre de la constitution de portefeuilles.
  3. Mise en oeuvre : Mobilisation, activités de vote par procuration et capacité de mettre en oeuvre efficacement les facteurs ESG.
  4. Gestion de l’entreprise : Appui des entreprises pour l’intégration des facteurs ESG, activités d’engagement et transparence.

Selon ces critères, Mercer attribue une cote sur une échelle de 1 à 4 (1 étant la meilleure cote et 4 étant la pire).


Échelle de cotation ESG de Mercer

En ce qui concerne les agences de notation, il est important de comprendre que chacune d’entre elles peut avoir son propre « champ de spécialisation », ce qui peut entraîner des écarts de cotation pour un même investissement d’un fournisseur à l’autre. Par exemple, une agence peut mettre davantage l’accent sur les questions environnementales (« E »), tandis qu’une autre peut se concentrer davantage sur les aspects sociaux (« S »).

Une question typique et fréquente est de savoir si les compromis en matière d’investissement ESG permettent d’obtenir des rendements plus élevés pour le bien commun. Les recherches menées par le Fonds monétaire international n’ont apporté aucune preuve concluante que les approches d’investissement durable produisent des rendements inférieurs (ou supérieurs) aux approches d’investissement conventionnel.

Les frais sont un autre facteur que les investisseurs devraient intégrer à leur décision lors de la sélection des placements. Selon une étude sur les frais des fonds communs de placement américains réalisée par Morningstar en 2020, le ratio des frais des fonds ESG (0,61 %) était plus élevé que celui des fonds traditionnels (0,41 %); c’est ce qu’on appelle souvent le « greenium » ou la « prime verte »10. Cela dit, les frais ne sont qu’une considération parmi d’autres dans le processus décisionnel, et l’accent devrait être mis sur la valeur des frais plutôt que sur leur montant absolu.

Écoblanchiment

Compte tenu de la popularité croissante de l’investissement durable, les gestionnaires de portefeuille profitent de cet élan, mais ne vont pas toujours assez loin dans leur processus de sélection des titres. C’est ce qu’on appelle l’écoblanchiment (« greenwashing »). La critique la plus courante de l’investissement ESG est qu’aucun investissement ne peut être considéré comme entièrement durable. Tariq Fancy, ancien chef des placements en matière d’investissement durable chez BlackRock, l’a un jour qualifié de « battage publicitaire ». Le problème de l’investissement ESG est qu’il n’existe aucun ensemble de règlements ou de définitions qui rendent un investissement « durable ». Les investisseurs doivent comprendre que les cotes ESG sont un système de points et que tant que les sociétés se classent suffisamment haut, elles peuvent être approuvées ESG. Par exemple, une entreprise pétrolière qui a récemment diversifié son conseil d’administration et mieux rémunéré ses employés pourrait obtenir une cote suffisamment élevée pour être placée dans un fonds ESG qui suit un indice ou utilise une approche de filtrage négatif. Heureusement, certains gestionnaires de portefeuille privilégient une gestion active qui intègre les approches d’intégration des facteurs ESG et de gérance. Il convient également de noter que, dans certains cas, les producteurs de « combustibles fossiles » peuvent également faire partie de la solution à long terme s’ils s’efforcent d’incorporer des pratiques commerciales plus durables, comme investir dans de nouvelles technologies telles que la capture et le stockage du carbone pour éliminer le dioxyde de carbone.

Les sociétés ont également tenté d’accroître leur cote ESG et leur capacité de vendre des obligations ou des actions ESG en s’engageant à atteindre la carboneutralité à une date ultérieure. Nous mettons les investisseurs en garde sur ce point, car cela revient à financer une entreprise dont les activités ne sont pas durables et qui promet de faire le ménage plus tard. Certaines sociétés ouvertes transfèrent leurs activités moins durables au secteur privé pour tenter de paraître plus sensibles aux facteurs ESG. Du point de vue de ces sociétés, elles font peut-être ce qu’il faut, mais cela ne fait pas immédiatement une différence significative pour le bien commun, car il y a beaucoup moins de surveillance dans le secteur privé. Cela souligne en outre que le dessaisissement est relativement peu efficace en soi. Ce sont l’engagement ainsi que des changements précis apportés aux domaines d’activité qui auront une incidence plus durable.

Afin de réduire au minimum les cas d’écoblanchiment, les organismes de réglementation examinent de plus près ces pratiques commerciales.

Plus tôt cette année, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières ont publié des indications destinées aux fonds d’investissement dans l’espoir de s’assurer que les communications publicitaires des fonds relatifs aux facteurs ESG ne sont pas trompeuses. À l’heure actuelle, les investisseurs doivent faire preuve de diligence raisonnable pour déterminer la durabilité de leurs placements, ce qui représente un défi même pour les investisseurs les plus avertis. Si l’investissement ESG est important pour vous, nous vous suggérons de consulter le prospectus d’un fonds, qui expliquera ses objectifs de placement et, surtout, son approche en matière d’investissement durable. Si l’approche d’un gestionnaire d’actifs à l’égard de placements ESG est détaillée et présentée, il est moins probable qu’il s’agisse d’un stratagème de marketing.

Pour les entreprises individuelles, examinez leurs rapports au fil du temps. L’entreprise a-t-elle respecté ses engagements au cours de périodes antérieures? L’équipe de direction a-t‑elle participé à la prise de décisions concernant les enjeux ESG? Enfin, l’investissement ESG n’a pas pour but de résoudre du jour au lendemain les problèmes de la planète. Il s’inscrit dans un processus visant à intégrer les facteurs ESG dans les décisions d’investissement afin de promouvoir la durabilité à long terme.


Conclusion


Les investisseurs sont plus passionnés que jamais par le fait de vouloir que leurs placements aient un effet décisif. Apposer sur quelque chose une étiquette « ESG » sans qu’elle soit justifiée ne convient pas aux investisseurs. Les investisseurs demandent plus de renseignements sur le rendement des sociétés et des fonds en ce qui a trait aux enjeux ESG. Nous nous attendons à ce que ces enjeux demeurent au premier plan en 2022 et au-delà, et à ce que les règlements et les normes connexes s’harmonisent davantage à l’échelle mondiale.

La Securities and Exchange Commission (SEC) des États‑Unis devrait d’ores et déjà renforcer ses directives sur les informations à communiquer par les entreprises, telles que les émissions de carbone. Les agences du monde entier encourageront probablement l’adoption d’un code de conduite commun pour les cotes ESG et préciseront ce que ces cotes recouvrent. Les nouvelles technologies continueront de modifier la façon dont nous recueillons et stockons les données, et d’améliorer l’analyse en temps réel des cotes ESG des fonds, ce qui aidera les investisseurs à prendre des décisions plus éclairées.

Nous espérons que cet article continuera de susciter l’intérêt des investisseurs pour l’obtention de rendements sains tout en contribuant à rendre notre monde un peu meilleur.



1 Mercer. « Le point sur les facteurs ESG. » Mars 2021. Consulté le 26 mars 2022.
2 Ibid.
3 Jon Hale. « A Broken Record: Flows for U.S. Sustainable Funds Again Reach New Heights. » Morningstar. 28 janvier 2021. Consulté le 28 mars 2022. www.morningstar.com/articles/1019195/a-broken-record-flows-for-us-sustainable-funds-again-reach-new-heights.
4 Dorothy Neufeld. « Visualizing the Sustainable ETF Universe. » Visual Capitalist. 19 mai 2021. Consulté le 29 mars 2022. www.visualcapitalist.com/visualizing-the-sustainable-etf-universe/.
5 Mercer, 2021. « De l’acronyme à l’action – En quoi l’ESG vous concerne? ».
6 Ibid.
7  Mercer, 2020. « The Purpose of Corporation – A Tale of Two Theories. » Mercer. Consulté le 27 mars 2022. https://www.mercer.com/content/dam/mercer/attachments/private/gl-2020-the-purpose-of-corporations-a-tale-of-two-theories.pdf 
8 Henisz, Witold, Tim Koller et Robin Nuttall. « Five ways that ESG creates value. » McKinsey. Novembre 2019. Consulté le 25 mars 2022. https://www.mckinsey.com/~/media/McKinsey/Business%20Functions/Strategy%20and%20Corporate%20Finance/Our%20Insights/Five%20ways%20that%20ESG%20creates%20value/Five-ways-that-ESG-creates-value.ashx
9 Neufeld, Dorothy. « Visualizing the Sustainable ETF Universe. » Visual Capitalist. 19 mai 2021. Consulté le 29 mars 2022. www.visualcapitalist.com/visualizing-the-sustainable-etf-universe/.
10 Johnson, Ben. « 2020 US Fund Fee Study. » MorningStar. Août 2021. Consulté le 25 mars 2022. https://assets.contentstack.io/v3/assets/blt4eb669caa7dc65b2/blt0b2eed63bfb1eb8b/619f8bf6224a1b121d540f7e/annual-us-fund-fee-study-updated.pdf.



Auteurs

Bureau de Montréal


Armand Kessous, TEP
Armand Kessous, TEP
Conseiller, Gestion de fortune
Steve Sebag, CIM
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Conseiller, Gestion de fortune
Clement Chenneveau, CIM
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Conseiller adjoint, Gestion de fortune
Michael Ferrante
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Analyste, Gestion de fortune
Jessica Loh
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Adjointe, Gestion de fortune

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