Le système de retraite du Canada fait bonne figure | Mercer

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Le système de retraite du Canada continue de faire bonne figure

  • Le 21 octobre 2015
  • Canada, Montréal
  • Le Danemark occupe la première position pour la quatrième année consécutive, alors que le Canada se classe septième
  • Le Canada maintient sa cote B encore cette année
  • La viabilité des systèmes de retraite scrutée à la loupe : une analyse des sept dernières années


Le système de retraite du Canada conserve sa cote de B dans l’édition 2015 du réputé indice mondial Mercer Melbourne sur les systèmes de retraite, ce qui confirme que c’est l’un des meilleurs systèmes de retraite au monde. Le Canada continue de bien se classer dans l’indice et obtient, pour la deuxième année consécutive, la 7e place parmi les 25 pays analysés.

La cote globale du Canada est passée de 67,9 et 69,1 en 2013 et 2014 respectivement, à 70,0 en 2015. Néanmoins, la cote A, donnée aux systèmes de retraite dont la cote globale est supérieure à 80, lui échappe toujours. Le Danemark et les Pays-Bas sont les seuls pays à avoir obtenu une cote A dans l’histoire de l’indice. Bien que le Canada se soit classé troisième après l’Australie et les Pays-Bas parce qu’il offre, à l’échelle mondiale, l’un des systèmes de régimes de retraite les plus adéquats pour un salarié touchant un revenu moyen, sa cote a chuté dans le sous-indice de la viabilité.

« Bien que le système de retraite du Canada demeure l’un des systèmes les plus solides au monde, il y a encore des aspects à améliorer, déclare F. Hubert Tremblay, conseiller principal du domaine Retraite chez Mercer. Une part importante des employés du secteur privé n’ont pas accès à un régime de retraite d’employeur, et l’accroissement de la dette publique risque de compromettre la viabilité future du système de retraite canadien. »

L’indice mondial Mercer Melbourne sur les systèmes de retraite, qui en est à sa septième année, évalue 25 systèmes de retraite en fonction de plus de 40 indicateurs regroupés sous trois sous-indices : la suffisance, la viabilité et l’intégrité. Aucun autre indice au monde ne fait une comparaison aussi poussée des systèmes de retraite. Il couvre près de 60 % de la population mondiale et propose aux gouvernements des moyens d’offrir des prestations adéquates et viables qui protègent leurs citoyens des risques de longévité et qui évitent à leur population vieillissante d’épuiser ses économies de son vivant, ce qui constitue possiblement l’un des plus grands risques économiques et sociaux auxquels sont actuellement confrontés de nombreux retraités.

En 2015, le Danemark occupe toujours la première position, et ce, pour la quatrième année consécutive, grâce à une cote globale de 81,7. La première place du Danemark est principalement attribuable à la saine capitalisation de son système de retraite, qui offre une bonne protection, au niveau élevé de ses actifs et de ses cotisations, à ses prestations adéquates et à son système privé de retraite doté d’une réglementation bien établie.

David Knox, membre principal du partenariat de Mercer et auteur du rapport, affirme que « la nécessité d’effectuer la réforme qui permettrait d’améliorer les systèmes de retraite et de procurer une sécurité financière à la retraite n’a jamais été aussi importante, tant pour les individus que pour les sociétés ».

« L’indice mondial Mercer Melbourne sur les systèmes de retraite constitue une référence importante pour les décideurs politiques du monde entier, car il leur permet de tirer des enseignements des systèmes les plus adéquats et les plus viables. Nous savons qu’il n’existe aucun système parfait pouvant être instauré universellement, mais ces systèmes ont des points communs dont on peut s’inspirer pour obtenir de meilleurs résultats », précise M. Knox.

Selon Amy Auster, directrice générale de l’Australian Centre for Financial Studies, l’indice continue d’être utilisé par les décideurs politiques et les chercheurs afin d’évaluer les mérites de leurs systèmes de retraite.

« L’indice est utilisé internationalement tant pour faire ressortir les forces relatives des systèmes de retraite que pour cerner les occasions et les moyens d’amélioration. Les résultats des sept dernières années permettent de constater que plusieurs pays ont adopté certaines recommandations contenues dans nos rapports annuels pour renforcer leurs systèmes de régimes de retraite.

« Il est encourageant de voir que les constatations tirées de l’indice encouragent les décideurs politiques et les spécialistes de l’industrie à adopter une vision à long terme et à œuvrer à l’amélioration de leurs systèmes de retraite. »

« Cela n’est pas toujours facile, compte tenu des pressions démographiques et de l’évolution de la conjoncture des marchés, mais il est évident que les décideurs politiques continuent d’améliorer leurs systèmes de retraite, afin de servir adéquatement les générations futures », affirme Mme Auster.

Sept ans de publication de l’indice mondial Mercer Melbourne sur les systèmes de retraite : à  quel point les systèmes de retraite mondiaux sont-ils viables?

Dans l’indice mondial 2015 Mercer Melbourne sur les systèmes de régimes de retraite, on est allé au-delà des classements annuels afin d’observer les changements survenus au cours des sept dernières années et de déterminer quels systèmes de régimes de retraite sont viables et lesquels sont à risque. « Le tableau que nous avons brossé de ces sept années fait ressortir l’importance d’adopter des mesures telles que la modification de l’âge de la retraite dans les régimes d’État, l’accroissement de la participation de la population vieillissante au marché du travail ou les hausses de cotisations visant à financer les revenus de retraite futurs », explique M. Knox.

Le nombre d’années à la retraite augmente

Les 11 pays composant l’indice mondial Mercer Melbourne sur les systèmes de régimes de retraite depuis 2009 ont tous connu une augmentation de la durée attendue de la retraite entre 2009 et 2015, la durée moyenne ayant passé de 16,6 à 18,4 années.

Cinq pays, soit l’Australie, l’Allemagne, le Japon, Singapour et le Royaume-Uni, ont repoussé l’âge de la retraite afin de compenser l’augmentation de l’espérance de vie, mais cette mesure est insuffisante pour contrecarrer la durée accrue de la période de retraite.

L’indice tient également compte de la durée moyenne attendue de la retraite dans 20 ans et, selon cette mesure, une réduction a été observée dans trois pays. Au Canada et aux Pays-Bas, cela est attribuable au report prévu de l’âge de la retraite dans les régimes d’État de 65 à 67 ans durant la période future de 20 ans, alors qu’aux États-Unis, l’espérance de vie a légèrement régressé. Les huit autres pays ont affiché une augmentation.

Accroître la participation des travailleurs plus âgés au marché du travail : bénéfique pour l’économie et les individus

En ce qui concerne les 16 pays composant l’indice mondial Mercer Melbourne sur les systèmes de retraite depuis le rapport de 2011, le taux de participation moyen au marché du travail des personnes âgées de 55 à 64 ans est passé de 57,9 % à 62,2 % de 2011 à 2015, soit une augmentation d’un peu plus de 1 % par année.

Cependant, les moyennes peuvent être trompeuses. Le taux de participation au marché du travail des personnes plus âgées a en fait diminué aux États-Unis. Au Brésil, en Inde et en Chine, le taux a augmenté de moins de 4 %. Au Canada, le taux de participation au marché du travail est passé de 62,7 % à 64,5 % de 2011 à 2015.

« Accroître le nombre d’années de participation au marché du travail est l’une des façons les plus positives de développer des systèmes de retraite viables lorsque l’espérance de vie augmente », explique M. Knox.

« Bien qu’il existe une limite naturelle au taux de participation des personnes plus âgées au marché du travail, comme la plupart des pays sont encore sous le seuil de 70 %, les possibilités d’observer de fortes augmentations à l’échelle mondiale demeurent bien réelles, ce qui améliorerait la viabilité de bien des systèmes de retraite », ajoute M. Knox.

Éviter d’imposer un fardeau financier à la génération suivante

La viabilité d’un régime de retraite ne peut être évaluée sans examiner les fonds mis en réserve aujourd’hui pour payer les prestations de retraite de demain et éviter qu’un fardeau financier ne soit imposé à la génération suivante.

L’actif des régimes de retraite varie énormément d’un pays à l’autre. Citons l’Indonésie dont l’actif représente 1,8 % de son PIB, l’Autriche, 6,0 %, les Pays-Bas, 160,6 %, et le Danemark, 168,9 %. L’actif des régimes de retraite du Canada représente environ 100 % de son PIB.

« La diversité des actifs des régimes de retraite détenus, en pourcentage du PIB, montre que certains pays possèdent très peu de régimes de retraite privés, alors que d’autres ont des systèmes de retraite évolués et bien développés. Toutefois, elle constitue un sérieux avertissement à tous les pays quant à l’absolue nécessité de bien se préparer», précise M. Knox.

Comment le système de retraite du Canada peut-il être amélioré?

L’indice mondial Mercer Melbourne sur les systèmes de retraite révèle qu’il y a place à amélioration dans les systèmes de retraite de tous les pays. Voici quelques-unes des mesures proposées pour améliorer le système du Canada :

  • Accroître le nombre d’employés couverts par des régimes de retraite liés à l’emploi grâce à la mise sur pied d’un produit intéressant pour ceux qui ne bénéficient pas d’un régime de retraite d’employeur;
  • Augmenter le niveau d’épargne des ménages à revenu moyen; et
  • Accroître le taux de participation des personnes plus âgées au marché du travail à mesure que l’espérance de vie augmente.


Selon F. Hubert Tremblay, « Le revenu de retraite des Canadiens pourrait aussi être amélioré en réduisant davantage les frais de gestion de placement liés aux régimes d’accumulation de capital. »

Certaines provinces ont déjà pris des mesures, notamment le Québec, qui a introduit le régime volontaire d’épargne-retraite, ainsi que l’Ontario, qui a proposé la création du Régime de retraite de la province de l’Ontario. Dans les deux provinces, ces régimes visent à augmenter l’épargne-retraite des employés qui ne participent pas à un régime de retraite d’employeur. Le gouvernement fédéral conservateur sortant a récemment effectué une consultation sur une possible bonification volontaire du Régime de pensions du Canada, laquelle, si elle était effectuée sur une base d’accumulation de capital, permettrait aux particuliers de profiter d’une gestion professionnelle des placements, à faible coût. Ces propositions provinciales et fédérale ont le potentiel de se compléter, puisqu’elles combleraient différentes lacunes du système de régimes de retraite canadien.

À la suite de l’élection fédérale du 19 octobre 2015, les Libéraux auront l’occasion de former le prochain gouvernement. Le programme libéral prévoit une majoration des prestations du Régime de pensions du Canada qui serait établie en partenariat avec les gouvernements des provinces et des territoires ainsi que le rétablissement de l’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse à 65 ans, plutôt que son report à 67 ans. Si l’amélioration apportée au Régime de pensions du Canada pourrait se traduire par une hausse du niveau et de l’efficacité de l’épargne-retraite au Canada, le fait de ramener de 67 ans à 65 ans l’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse va à l’encontre de ce qui se fait dans d’autres pays pour compenser l’accroissement de l’espérance de vie.

Le gouvernement libéral de l’Ontario a pour sa part indiqué récemment qu’il pourrait suspendre la mise en place du Régime de retraite de la province de l’Ontario si le Parti libéral remportait l’élection fédérale et qu’il mettait en œuvre ses améliorations du Régime de pensions du Canada.

L’indice mondial Mercer Melbourne sur les systèmes de retraite étudie objectivement tant les composantes du financement public que celles du financement privé de chaque système de retraite, ainsi que l’épargne et les actifs personnels détenus à l’extérieur du système de retraite. Il est produit par Mercer et l’Australian Centre for Financial Studies et financé par le gouvernement de Victoria en Australie.

- Fin -

À propos de l’Australian Centre for Financial Studies

L’Australian Centre for Financial Studies (ACFS) est un consortium sans but lucratif formé de l’Université Monash, de l’Université RMIT et du Finsia (Financial Services Institute of Australasia), qui a été fondé en 2005 grâce à un financement de démarrage du gouvernement de Victoria.

L’ACFS a pour mission d’établir des liens entre les milieux universitaires, les spécialistes du domaine et le gouvernement dans la communauté financière, afin d’améliorer la recherche, la pratique, l’éducation et la réputation des institutions financières et des universités australiennes ainsi que celle de l’Australie en tant que centre financier. L’ACFS mène des études de pointe dans le domaine des finances, publie des commentaires et émet des réflexions d’avant-garde. Pour de plus amples renseignements, consultez les sites suivants : www.australiancentre.com.au etwww.globalpensionindex.com.

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