Régimes de retraite canadiens

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Régimes de retraite canadiens : la capitalisation à son niveau le plus élevé en six ans

  • 01-October-2013
  • Canada, Montréal

La solvabilité des régimes de retraite canadiens s’est considérablement améliorée au cours du troisième trimestre de 2013 grâce au solide rendement des actions ainsi qu’à la hausse des taux d’intérêt à long terme. L’indice Mercer sur la santé financière des régimes de retraite s’établissait à 98 % au 30 septembre, en hausse par rapport aux ratios de 82 % du début de l’année et de 94 % au 30 juin. L’indice atteint actuellement son niveau le plus élevé depuis juillet 2007.

L’indice de Mercer sur la santé financière des régimes de retraite suit l’évolution de la solvabilité d’un régime de retraite à prestations déterminées hypothétique. Bien que le niveau de capitalisation varie de façon importante d’un régime de retraite canadien à un autre, il s’est nettement amélioré pour la plupart des régimes, en 2013. Le tableau ci-dessous présente la répartition des degrés de solvabilité estimatifs des clients de Mercer (ce qui représente 607 régimes de retraite) au 1er janvier et au 30 septembre 2013 :

La proportion de régimes de retraite pleinement capitalisés selon l’approche de solvabilité a augmenté, passant d’environ 6 % au début de 2013 à 14 % à la fin du troisième trimestre. Fait plus remarquable encore, la proportion des régimes de retraite capitalisés à moins de 80 % a été ramenée de 60 % à seulement 11 %.

« Jusqu’à maintenant, 2013 est une excellente année pour la plupart des régimes de retraite à prestations déterminées. Tous les facteurs qui déterminent le niveau de capitalisation ont évolué positivement. Parce que les actions ont offert un bon rendement et que les promoteurs de régime ont comblé les déficits antérieurs, l’actif des régimes de retraite a crû. Simultanément, le passif des régimes de retraite a diminué, parce que les taux d’intérêt à long terme ont grimpé en flèche », explique Michel St-Germain, membre du partenariat de Mercer au sein du domaine Régimes de retraite, gestion des risques et finance. Le rendement des obligations du gouvernement du Canada à long terme était légèrement inférieur à 3,1 % à la fin de septembre, en progression par rapport aux 2,3 % du début de l’année. Une augmentation de 1 % des taux d’intérêt à long terme aurait pour effet de réduire de 10 % à 15 % le passif de la plupart des régimes de retraite.

« Un portefeuille équilibré type a produit un rendement de 3,3 % au troisième trimestre et de 7,0 % depuis le début de l’année, souligne Mathieu Provost, conseiller principal de Mercer au sein du domaine Consultation en gestion de placements. Au cours du trimestre, les marchés boursiers mondiaux ont affiché un excellent rendement s’appuyant sur des indicateurs économiques plus rassurants et une stabilité relative sur les marchés développés. Les marchés boursiers canadiens se sont remis d’un mauvais deuxième trimestre et ont enregistré un rendement légèrement supérieur à celui des marchés boursiers mondiaux. Le solide rendement des actions a plus que compensé le rendement négatif des obligations imputable à la hausse soutenue des taux d’intérêt au troisième trimestre. Dans l’ensemble, les tendances économiques sont favorables. Malgré un léger recul en septembre, l’indice de confiance des consommateurs est demeuré vigoureux, aux États-Unis. Le taux de chômage continue de baisser en Amérique du Nord, tandis que la zone euro a récemment émergé de la récession grâce à une hausse des exportations et aux dépenses des gouvernements. La conjugaison du redressement de l’économie avec une diminution du risque systémique perçu ont fait monter les taux d’intérêt par rapport à leur niveau du début de l’année, car on s’attend à ce que la Réserve fédérale américaine commence à réduire ses programmes d’assouplissement quantitatif sous peu. »

« Aussi bon le troisième trimestre a-t-il été, il aurait pu être meilleur. Ces dernières semaines, les marchés boursiers se sont rétractés et le rendement des obligations a baissé, essentiellement en raison des inquiétudes suscitées par l’incidence de l’interruption de fonctionnement du gouvernement américain et son incapacité éventuelle à relever le plafond de la dette », explique M. Provost.

Malheureusement, les nouvelles ne sont pas bonnes pour tous les régimes de retraite. L’Institut canadien des actuaires a publié de nouvelles lignes directrices qui ont pour effet d’alourdir sensiblement le passif de solvabilité des régimes de retraite qui indexent automatiquement les prestations de retraite sur l’augmentation de l’IPC. Pour un régime entièrement indexé, ces changements annulent en grande partie, voire totalement l’effet positif du bon rendement des actions et de la hausse des taux d’intérêt de 2013. « Bien que les nouvelles lignes directrices ne touchent qu’une minorité de régimes canadiens, soit ceux qui indexent automatiquement les prestations de retraite, leur impact sur ces derniers est majeur », précise M. St-Germain.

En outre, la publication par l’Institut canadien des actuaires, en juillet dernier, d’un document de recherche pourrait soulever davantage de vents contraires. Ce document montre que l’espérance de vie des retraités est nettement plus longue que ce qu’indiquent les tables de mortalité actuelles. On s’attend à ce qu’une nouvelle table de mortalité soit adoptée vers la fin de 2014 aux fins du calcul des valeurs actualisées des rentes. « Nous nous attendons à ce que la révision des normes sur la valeur actualisée qu’entraînera l’adoption de cette nouvelle table réduise les degrés de solvabilité des régimes d’environ 2 %, en moyenne », déclare M. St Germain.

« Pour les promoteurs de régime, la conjoncture actuelle pourrait être une bonne occasion, sur le plan tactique, de réduire le niveau actuel des cotisations ou de stabiliser les exigences de capitalisation pour les prochaines années. Dans certains cas, il pourrait être avantageux pour des promoteurs de déposer un rapport d’évaluation actuarielle à une date anticipée, afin de profiter de ces gains », ajoute M. St-Germain.

« Pendant le plus clair de la dernière décennie, les régimes de retraite ont été sous-capitalisés parce que les taux d’intérêt ont dégringolé et que le rendement des actions a été imprévisible. Pour la majorité des promoteurs de régime, plus le régime approche de la pleine capitalisation, moins la stratégie consistant à continuer d’assumer un risque important lié aux taux d’intérêt et aux actions a sa raison d’être. C’est d’autant plus vrai pour les promoteurs de régimes comportant des engagements importants envers les retraités, qui sont fermés aux nouveaux participants ou qui ne permettent plus l’accumulation de prestations futures », affirme M. St Germain.

Le rendement des actions canadiennes s’est établi à 6,2 % au troisième trimestre, ce qui le porte à 5,3 % depuis le début de l’année. Au troisième trimestre :

  • Les secteurs les plus performants ont été les soins de santé (+10,9 %), les produits de consommation discrétionnaires (+8,3 %) et les services financiers (+7,4 %) selon les indices sectoriels S&P/TSX. Les secteurs les moins performants ont été les services publics ( 3,1 %), les biens de consommation de base (+3,3 %) et le secteur industriel (+3,4 %).
  • Les titres de sociétés à faible capitalisation (indice S&P/TSX des titres à petite capitalisation) ont connu un rendement de 8,0 %, un résultat supérieur à celui des titres de grande capitalisation (indice S&P/TSX 60), qui s’est établi à 6,2 % au cours du trimestre.
  • Les titres valeur ont dépassé les titres croissance, comme l’indiquent les indices valeur et croissance S&P BMI Canada, qui ont enregistré des rendements de 7,3 % et de 5,6 % respectivement.

Au cours du trimestre, le dollar canadien s’est apprécié par rapport au dollar américain et au yen, mais a perdu du terrain comparativement à la livre sterling et à l’euro, ce qui, au final, a eu une incidence variable sur les rendements des actions étrangères exprimés en dollars canadiens. L’indice S&P500 a enregistré un résultat de 2,5 % au cours du trimestre et de 23,7 % depuis le début de 2013, en dollars canadiens. Le rendement des actions internationales mesuré par l’indice MSCI EAEO (en dollars canadiens) a été de 8,7 % au cours du trimestre et de 20,4 % jusqu’à maintenant cette année. Les marchés émergents, dont le rendement est mesuré par l’indice MSCI Marchés émergents (en dollars canadiens), ont connu des rendements de 3,2 % et de -1,0 %, respectivement, pour le troisième trimestre et depuis le début de l’année.

L’indice obligataire universel DEX a enregistré un rendement de -0,1 % pendant le trimestre, ce qui porte son rendement annuel pour 2013 à -1,6 %. Pour sa part, l’indice obligataire à long terme DEX a offert un rendement de -1,1 % au troisième trimestre et de -5,9 % depuis le début de 2013. Le taux de rendement à échéance de l’indice obligataire universel DEX est passé de 2,66 % au début du troisième trimestre à 2,71 % à la fin du trimestre.

 


L’indice Mercer sur la santé financière des régimes de retraite de retraite indique le ratio actif-engagements d’un régime de retraite modèle. Le ratio a été établi de façon arbitraire à 100 % au début de la période. Le nouvel indice tient compte du coût au titre des services courants et des paiements spéciaux de solvabilité, mais d’aucune amélioration ayant pu être apportée au régime. Il suppose également que les évaluations sont déposées à chaque année civile et que le déficit découlant de chaque évaluation est provisionné sur une base mensuelle au cours des cinq années subséquentes.

Actif : portefeuille indiciel. Composition du portefeuille : 42,5 % du rendement total de l’indice obligataire universel DEX; 25 % du rendement total de l’indice composé S&P/TSX; 15 % du rendement total de l’indice S&P 500 (en $CAN); 15 % du rendement total de l’indice MSCI EAEO (en $CAN); 2,5 % du rendement total de l’indice des bons du Trésor 91 jours DEX

Passif : 50 % de participants actifs, 50 % de retraités. Pour les participants actifs, on suppose que le règlement s’effectue au moyen de valeurs actualisées établies selon les normes de l’Institut canadien des actuaires (ICA) sur les valeurs de transfert, sans tenir compte du délai d’un mois; pour les retraités, on suppose qu’il s’effectue par la souscription d’une rente. L’estimation du coût des rentes s’appuie sur les conseils de l’ICA sur les blocs de contrats types de durée moyenne. Les résultats varient selon le régime de retraite.


À propos de Mercer

Mercer est un chef de file mondial en matière de consultation dans les domaines suivants : talents, santé, retraite et investissements. Mercer aide ses clients dans le monde entier à améliorer la santé, la prospérité et le rendement de leur actif le plus précieux : leurs gens. La Société compte 20 000 employés répartis dans plus de 40 pays. Elle est une filiale en propriété exclusive des Sociétés Marsh & McLennan (symbole MMC à la bourse de New York), un regroupement mondial de sociétés de services professionnels qui offre des conseils et des solutions dans les domaines du risque, de la stratégie et du capital humain. Avec quelque 53 000 employés partout dans le monde et un chiffre d’affaires annuel de plus de 11 milliards de dollars, les Sociétés Marsh & McLennan sont également la société mère de Marsh, entreprise de premier plan dans le monde en courtage d’assurance et gestion de risque; de Guy Carpenter, entreprise de premier plan dans le monde spécialisée en services intermédiaires en matière de risque et de réassurance; et d’Oliver Wyman, entreprises de premier plan dans le monde spécialisée en consultation en gestion.

Pour de plus amples renseignements, consultez le sitewww.mercer.ca.

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